Carnavalorock : Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître

Carnavalorock 2017

Parler du Carnavalorock en 2017 a dû être surprenant et éveiller plein de souvenirs. Hé oui, pour les plus jeunes d’entre nous, Carnavalorock apparaît comme un tout nouveau festival qui met la barre haute avec une programmation de feu. Mais c’est surtout un retour aux sources pour toute une génération de festivaliers, 20 ans après la dernière édition. Surtout quand l’ambiance est plutôt à la disparition de festivals, la renaissance de Carnavalorock est aussi inattendue qu’appréciable. Je vous parlais de la programmation de qualité, il est temps de voir ça un peu plus en détail. Le temps de se garer au parking à 100 mètres de la salle prévue pour le festival et c’est parti !

Après une semaine de taf et pour bien débuter un festival, il faut un groupe de qualité, qui rentre dans le vif du sujet dès les premières chansons sans jamais faire descendre la pression du concert. Ça tombe bien, c’est la marque de fabrique de Nevrotic Explosion, avec un punk rock puissant, déterminé et engagé. Il faut bien l'avouer, le groupe n'est pas du genre à prendre des gants quand il s’agit d’évoquer l’actualité, la politique… En règle générale, les sujets peuvent être sensibles.  Les Nevrotic ne font pas dans la parole politiquement correcte et cela pour notre plus grand plaisir. C’est aussi une belle mécanique scénique que nous délivrent les sept acolytes. D’ailleurs, il n’est pas rare que certains membres troquent leurs instruments pour prendre un micro.

Après cette entame qui nous met bien dans le bain, place à Merzhin. Malgré la connotation Bretonne du nom, et leurs anciens albums marqués de la culture de leur région natale, c’est dans une atmosphère plus rock qu'on les retrouve sur scène, et sur leurs derniers albums. L’originalité du groupe réside dans la diversité d’instrument au-delà du classique guitare-basse-batterie. En effet, on retrouve autant du saxo que de la flûte, du clavier et bien d’autres, tout cela géré par l’un des musiciens qui fait tourner ses instruments au fil des chansons. Tout cet ensemble donne un bon groupe de scène, ayant tous les atouts pour mettre l’ambiance, à l’image de la chanson « Welcome Circus » qui a fait son petit effet. Et rassurez-vous pour ceux qui les connaissent depuis les premiers albums, on retrouve certains classiques à l’image des « nains de jardin » ou « ma las Vegas parano ». 

En tout cas, il fait déjà bien chaud après ce live, ça me donne une bonne excuse pour aller dehors ou les stands de merchandising sont installés. D’ailleurs, c’est un point stratégique du festival ou les artistes se sont pliés volontiers à la rencontre avec le public tout au long du festival (Ultra Vomit prenant beaucoup de plaisir à rappeler la défaite de Guingamp face à Nantes mais je vous parlerai d’eux plus tard). On retourne devant la scène pour les Anglais de Jim Jones and the Righteous Mind. J’avoue que j’avais un peu zappé l’info qu’ils remplaçaient The Bellrays, du coup, ça va être la découverte totale du groupe. Et quelle découverte !!! L’univers musical est très sombre, assez énigmatique, relativement intrigant, à l’image de la pochette d’album « Super Natural ». Cet univers étant permis par une base instrumentale très rock, des sons lourds portés par un piano imposant un univers enivrant. Si vous voulez un exemple, La chanson « Aldecide » est celle qui m’a le plus marqué, et est bien imprégnée par cette atmosphère si particulière dans lequel le groupe nous baigne.

 

Carnavalorock
Copyright © Carnavalorock

 

Deux concerts, deux ambiances, il est temps de passer aux américains de Nashville Pussy. Avant toute chose, leurs noms n'est pas directement lié au coin d’où ils viennent car c'est un groupe de l’État de Géorgie et non du Tennessee où se trouve Nashville (Vous n’en avez peut-être rien à faire mais ça prouve que je bosse mon sujet !!). Et, ceux qui venaient chercher du hard rock n‘ont pas dû être déçu ! Avec leur Rock and roll aux accents hard rock imprégné du sud de l’Amérique, et de rockabilly, ils nous ont bien fait voyager et ont su faire bouger la foule. Au-delà du style, les paroles se veulent assez provocantes ce qui donne une vraie identité et du caractère au groupe. Rien qu’à l’image du nom du groupe, comprenez… eh bien non, je ne traduirais pas, vous n'aviez qu’à bien suivre les cours d’anglais à l’école !!  L’année dernière, ils fêtaient leurs 20 ans de scène… un an après, leur énergie nous prouve qu’ils ne comptent pas s’arrêter là. D’ailleurs, moi non plus je ne compte pas m’arrêter là, le concert est fini, j’attends le prochain groupe qui ne risque pas de nous endormir !

Il faut dire que c’est un vrai retour aux sources pour le prochain groupe que de revenir à Carnavalorock, sachant qu’ils étaient sur scène déjà il y a 20 ans. Bon, c’est vrai que dit comme ça, ça ne va pas les rajeunir. Mais pas d’inquiétude, les années ne semblent pas avoir d’impact sur eux. Les Ludwig ont orchestré le concert le plus coloré du week-end, avec un live partant dans tous les sens. Que ce soit avec les envolées de confettis, la pyrotechnie, les multiples déguisements des musiciens ou encore les ballons de baudruche géants, on a vécu un concert proche de l’ambiance du carnaval. La musique quant à elle reprend bien l’esprit scénique avec beaucoup d’humour et de folie. Bien sûr, les Ludwig, c’est aussi des chansons engagées pouvant être mordante mais avec la manière de l’amener. En tout cas, je n’ai jamais vu autant de gens danser bizarrement… hé oui, les aficionados du groupe étaient bien présents.

La soirée va bientôt se terminer, mais avant, le groupe originaire de Saint-Brieuc prends place. Tagada Jones joue, à la maison.  Les bretons, plus enragés que jamais ont sorti « la peste et le choléra », et n’arrêtent pas de performer dans des salles ou festis qui affichent complet. Ce soir, c’est la même et on ne tarde pas à comprendre pourquoi : Ils nous offrent un set percutant à souhait, retravaillé depuis le début de la tournée. On sentait que le public était à fond derrière les Tagada, qui reprenait les exercices de voix durant les balances… le concert l'a confirmé. On finit donc la soirée sous les pogos déchaînés, ou encore les chansons que tout le monde reprend en cœur tel que Vendredi 13. Tagada Jones pour finir la soirée a fait parler leurs 24 ans de scènes pour emporter un public qui a été juste énorme à chaque live. Espérons que tout le monde va bien se reposer ce soir, faudra faire aussi bien demain.

Après un contrôle de douane dans la journée du samedi (Les cernes sont dus à la fatigue, ne vous méprenez pas !) et une visite de Saint-Brieuc, il est temps de repartir pour les concerts. J’ai eu que des très bons avis sur lui et après avoir vu James Leg, ça se comprend totalement. Il a intégré deux groupes différents dans le passé (The Immortal Lee County Killers et Black Diamond Heavies) et est maintenant aux rennes d’une véritable pépite musicale.  Ce pianiste/chanteur à la voix si particulière, aux teintes grave et puissantes, mêlées à un blues-rock américain rebondissant est particulièrement efficace. Et malgré la contrainte d’être derrière son piano électrique, il emporte la foule avec lui par son dynamisme constant… pour faire plus simple, ses mains restent sur le piano, le reste bouge dans tous les sens !! Ce fut un concert survitaminé mis en scène par ce fils de pasteur, ou les différentes influences, notamment du gospel se ressentent. Le son produit n’est pas le plus propre, et est propice à l’ambiance de la musique globale.  Dans une fibre différente de Nashville Pussy, on apprécie de voir ces deux formations sur la même programmation car ils sont assez complémentaires à mon goût… À la fin de chacun de leurs concerts, ça donne envie de s’ouvrir une bouteille de Bourbon tout en laissant flotter le drapeau breton… heu américain derrière soi.

 Après cette superbe découverte, place à un style plus calme, on retrouve avec douceur les Debout sur le Zinc qui fêtent leurs 20 ans. Leurs premières chansons nous ont bercés et nous ont emmenés dans un tout autre univers. Mais pas d’inquiétude, ils n’ont pas voulu nous endormir ! Loin de là. Plus le show avance, plus les gens commencent à danser et à chanter. Comme on peut s’y attendre, beaucoup de monde était là pour les voir, certains connaissent d’ailleurs les paroles de chaque chanson par cœur ! Et comment ne pas craquer pour ces sept musiciens proposant des textes poétiques, entraînants, appuyés par une dizaine d’instruments, avec des influences diverses et complémentaires. Une chanson, pour danser, une autre pour rêver, ou une autre encore pour réfléchir, tel est l’identité de DSLZ avec toujours une atmosphère positive et une invitation à la bonne humeur.  Bon, comme beaucoup de groupes du festival, je suis quand même assez fan, et retrouver un public de tout âge avec un groupe qui fédère autant autour d’eux, me fait sortir du concert avec des bonnes vibes.

 

Carnavalorock
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Il y avait Ludwig, le vendredi dans un punk rock déjanté. Le samedi c’est Ultra Vomit avec du Heavy métal et mélange de style punk rock, tout aussi cinglé. Beaucoup de gens les connaissent avec la chanson faisant part de leur collection… originale de canards vivants, ou encore de la passion pour la boulangerie pâtisserie (Toutes les deux interprétées en live). Mais le groupe a pris une nouvelle envergure dans l’album « Panzer Surprise ! » faisant l’objet de cette tournée. Le principe est simple, faire leurs propres compos, en en parodiant un groupe (ou deux). Et ça permet de découvrir une facette plus engagée du groupe affirmant que l’on vit « tous dans le ventre d’un chien géant » hommage aux Tagada Jones vu la veille. On a aussi beaucoup entendu parler de leurs passions pour leurs « Kaamthaar » (non, je l’ai pas du tout attendu celle-là, je ne vois pas de quoi vous parlez !), à la sauce Rammstein magistrale en live. Mais n’oublions pas les multiples hommages que le groupe se permet en passant par Iron Maiden jusqu’à Gojira… ou Calogero… fin Calogira quoi !!! A la fin de ce live, j’ai vraiment eu besoin d’une bière. Bon après faut pas être trop pressé non plus vu l’attente. Au final, j’ai enfin pu l’avoir, mais le live d’Hilight Tribe était déjà entamé. Bon, faut l'avouer, je me suis dit que ce n’est pas mon domaine de prédilection avec eux car je ne suis pas trop branché électro ou trance (Voire pas du tout). Mais Hilight Tribe est surprenant par leurs influences qui semblent hypers diverses avec une palette d’instruments bien sympa. On passe par la guitare, les percussions, et un didjeridoo. Perso, je connaissais l’instrument qu’en mode solo, et je n’étais pas fan, mais dans un groupe, ça donne un truc bien bien cool. L’ensemble donne un style assez Roots, très aérien, avec énormément d’énergie et bien prenant. C'est un mélange très novateur, tout en piochant dans du traditionnel culturel très divers. Un voyage sous forme de concert très dépaysant.

En parlant d’influences culturelles diverses ça fait une bonne transition pour ce qui arrive après. Et là encore, on retrouve un musicien ayant joué au Carnavalorock. Loran, (Béru) avait fait un passage, non pas avec sa formation, mais avec les pas moins mythique Parabellum comme il l’expliquait dans une vidéo avant de monter sur scène. Il était à la basse en 1990 pour un bref passage avec eux.  Et il n’est pas venu tout seul. Bien sûr avec sa tribu des Ramoneurs de Menhirs. Quoi de mieux que de finir ce week-end à Saint-Brieuc sur du trad punk aussi explosif. Après avoir enflammé le Hellfest, c’est Carnavalorock qui danse et pogote au Rythme des sonneurs lorientais, du chant de Gwénaël, de la guitare de Loran… Et d’une partie du Bagad Bro Kemperle, présent sur le quatrième et dernier album des Ramos. En soi, un dernier concert pour laisser s’exprimer ce qu’ils nous restent d’énergie

Il est maintenant temps de rentrer sous la pluie, omniprésente lors des deux soirées, malgré le magnifique temps du samedi après-midi. Carnavalorock a signé un retour fracassant avec une programmation éclectique au niveau du style, avec des groupes à l’international notamment, tout en gardant une base rock pour la plupart et un ensemble cohérent. Les groupes ont été pour la plupart disponible aux stands de merchandising permettant une grande proximité avec un public de tout âge, et ils ont répondu à chaque concert avec beaucoup d’envie. Deux points de vigilance tout de même à avoir pour une future édition, pour que la fête soit encore plus belle. Le premier concerne la qualité du son, qui fut pour certains groupes vraiment mauvais (et pourtant je suis un habitué de sons à l’arrache dans certains cafés-concerts). Le second concerne les temps d’attentes. Que ce soit entre les concerts, pour aller chercher des jetons, boissons et nourritures ce fut très long assez tôt dans la soirée. Malgré toute la volonté des bénévoles à essayer d'aller le plus rapidement possible…Quelques points liés à l’organisation mais que l’on peut facilement excuser pour une association aussi dynamique que l’on retrouvera avec plaisir en 2018

Par Cédric le 28/11/2017

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