Coup de chaud sur Pano

Pano

Les 20 et 21 avril, nous étions à Morlaix pour le festival Panoramas. Nous y avons pris des coups de soleil mais aussi un petit coup de vieux au milieu de toute cette jeunesse bretonne. Avec une belle affiche composée entre autres de Boris Brejcha, Rone ou encore Amelie Lens, on ne pouvait que se laisser tenter. Le programme était riche et nous avons choisi de sélectionner quelques concerts plutôt que de courir d’une scène à l’autre sans s’attarder. Désolé pour les fans de son hard, on est plutôt parti sur l’electronica et la techno.
 

Vendredi 20

 

Après s’être installés et avoir passé un moment convivial sur le parking, nous sommes entrés sur le site au moment où Lena Willikens faisait son entrée sur scène. Jeune productrice à l’allure discrète, c’est tout en douceur qu’elle nous fait entrer dans son set mais ça ne dure qu’un temps puisqu’elle propose un set complet qui mêle de nombreuses influences. De la house, du synthé, un peu de techno… Un show à la fois sombre et festif, cognant et rêveur… La DJ allemande nous fait passer par de nombreuses émotions et nous offre un beau début de festival.

Non sans mal, on découvre la scène cachée où La Fraicheur a démarré son set. Véritable globe trotteuse de la techno, la productrice française est installée à Berlin où elle pose ses valises entre deux tournées internationales. Son prochain album, elle l’a travaillé en résidence avec le collectif de Détroit « Underground Resistance » (fondé par Jeff Mills et Robert Hood entre autres), rien que ça ! Autant vous dire qu’avec ce genres de références, Perrine (de son prénom) ne fait pas dans la mélodie joyeuse mais plutôt dans la techno minimale sombre et mélancolique qui cogne sévère et scotche au dance floor. Tout comme Lena Wilikens, La Fraicheur risque de faire partie des productrices sur lesquelles il faudra compter dans les années à venir.
 

A 1h10, on file dans le grand hall pour l’entrée du monstre français de l’electronica. Rone commence en mettant la barre très haute avec « Brest » - dont le titre ne manquera pas de satisfaire le public présent -. Dans un décor urbain inspiré du titre de son album Mirapolis, il surprend son public par un début de set fait de beats brutes et accrocheurs. Comme c’est un peu notre chouchou, nous ne sommes pas surpris par cette transformation live de morceaux plus tranquilles sur album. Comme d’habitude, Rone nous embarque dans un long voyage et nous fait flotter au-dessus du sol durant 1h. Enivrant, envoûtant, planant, nous n’avons que l’embarras du choix pour qualifier ce set où la musicalité détient une place très importante. Ce voyage hypnotique se terminera par l’interstellaire « Bye bye Macadam ». (Macadam, qu’on aurait bien laissé plus longtemps loin de nous tant nous étions bien dans les airs.)
 

La scène cachée est victime de son succès pour Madben donc on fait une petite pause avant d’entamer le concert de French 79. Rone nous a fait planer une demi-heure plus tôt,, Simon Henner (également membre de Nasser), nous en remet une couche pour un set là encore très musical. On part de nouveau dans un univers rêveur entraîné par les sons de synthétiseurs. Le producteur marseillais varie très bien l’intensité des morceaux de manière à faire monter et descendre la tension et ne pas nous laisser sur notre faim. Difficilement classable, il définit lui-même son projet comme étant pop et électronique. French 79 était encore une très belle découverte ce vendredi.
 

La soirée se clôture par une de nos révélations 2016/2017, la désormais célèbre Amelie Lens. Après nous avoir renversé au Nordik Impakt, elle réitère très rapidement ce vendredi. Avec des kicks puissants et dévastateurs, le jolie belge n’a encore pas mis de temps à nous plonger dans son set. Elle ne fait pas dans la dentelle et propose un show dynamique ou instinct et émotions prennent le pas sur la technique pure et dure. Amelie Lens aime se jouer de son public en calant des breaks assez longs avant de remonter en tension petit à petit pour terminer par des drops jubilatoires. Son énergie est ultra communicative et vient user les dernières forces de son public. Si encore une fois, Amelie Lens a proposé un set intense et propre, on peut lui reprocher tout de même un manque d’originalité dans ses créations.

 

Lena W


 

Samedi 21 avril
 

Après un après-midi au soleil autour d’une (ou plusieurs on ne sait plus) bière brassée par nos nouveaux copains de la brasserie morlaisienne Bleizi Du, il est temps de retourner sur le site pour un concert très attendu, celui d’Anetha.
 

Le club Sésame est déjà bien rempli à 22h45 pour assister au show de la parisienne. On s’attendait à quelque chose d’assez énergique et bien on n’est pas déçu. Avec une techno teintée d’acide, Anetha envoie du très très lourd pour ce début de soirée. Hypnotique et ravageur, son set met tout le monde d’accord. L’intensité est démente et ne baisse pas durant tout le concert. Une sacrée claque que nous donne Anetha pour ce début de soirée. Les mollets sont déjà bien échauffés.

 

Après l’énergie du set précédent, celui de Hungry 5 a du mal à nous convaincre. Déjà déçus par le duo Pastor et N’to l’an dernier, l’arrivée de Worakls n’ajoute pas une grande plus-value au projet. Techno minimale trop minime à notre goût et mélodies pas forcément convaincantes. On ne se laisse pas porter comme la veille sur l’electro de French 79 ou Rone et nous ne sommes pas non plus scotchés comme sur une bonne minimale berlinoise. On reste 30 minutes histoire de se laisser convaincre mais rien n’y fait. Notre grande déception du week-end.
 

Le très réputé Oxia n’arrive pas à nous convaincre totalement non plus donc on file se cacher avec Jennifer Cardini. Après 20 ans de carrière et de tournées, la DJ résidente du Rex club s’est installée à Berlin. On le ressent d’emblée par l’aspect minimale et sombre de sa musique. On y dénote tout de même les touches house qui l’accompagnent depuis ses débuts. C’est intense, ça cogne pas mal et ça nous emporte durant une heure trente. Jennifer Cardini a su nous faire entrer dans son univers avec une grande maîtrise.

 

On est tellement bien dans ce petit espace qu’est la scène cachée qu’on y reste encore pour le concert suivant, celui de La Mverte. Cet élégant moustachu nous plonge lui aussi dans un univers assez sombre. L’ambiance de la petite salle colle parfaitement avec un set intimiste. Quelques mélodies métalliques apportent un peu de couleurs dans cet univers globalement glauque. C’est techniquement très propre et nous sommes comme envoûtés par les claviers et les beats glaçants qui nous sont envoyés.

 

Pour terminer cette soirée et ce week-end, c’est l’un des maîtres de la techno minimale allemande qui nous attend dans le Grand Hall. Accompagné par sa compagne Ann Clue qui semble ravie de chauffer le public breton, Boris Brejcha est acclamé dès son arrivée dans une salle bien remplie. Attaché au festival, le producteur masqué était déjà présent l’an dernier et proposait trois shows en trois jours pour cette édition. Ce samedi, encore une fois, il envoie du très lourd. Ses sonorités sont darks mais d’une efficacité terrible pour entraîner le public dans une sorte de transe. Sa techno minimale se démarque par une intensivité ravageuse. Brejcha ne propose pas un voyage mélodique mais une expédition fait de rebondissements qui nous bouscule et nous surprend. Boris effectuera de nombreux rappels pour finalement clore son concert après 2h30 d’une performance démentielle. Une valeur sure pour renverser un public.

 

Anetha

 

Nous avons passé des supers moments au Festival Panoramas, nous y avons fait de très belles rencontres (humaines et musicales). Encore une fois, les productrices présentes nous ont démontré qu’elles sont l’avenir de la techno (Amelie Lens, Anetha, Jennifer Cardini, La Fraicheur, Lena Willikens…). Désolé pour les lecteurs qui n’avait pas le même programme que nous. Pour notre retour sur MEUTE et Fakear, vous viendrez lire notre reportage Au Foin de le Rue à venir en juillet :) . Merci à toute l’équipe de Panoramas pour l’accueil et pour l’organisation de ce bel événement.

 

Crédit photos : GECNIV - en haut : Lena Willikens - en bas : Anetha

Par Florent le 28/04/2018

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