Danakil : « Quiconque s’intéresse un peu au monde dans lequel il vit se retrouvera dans le reggae. »

Danakil

Au Rock’n Solex, nous avons eu le plaisir de discuter avec Balik, le chanteur du groupe Danakil. Avec lui, nous avons discuté de l’histoire du groupe mais aussi de ses futurs projets. Retour sur cette rencontre qui s’est faite sous un beau soleil breton.

 

Info-festival : Hier (le mercredi 9 mai), vous étiez au festival l’Ascension du Son, ça s’est passé comment ?

 

Balik : C’était mortel. Super soirée, on a eu du bol avec la pluie car elle est tombée juste à la fin du concert. C’était une super journée avec un super accueil. Je ne connaissais pas le festival et le petit village. C’était charmant, on a pu s’y promener un petit peu. On a apprécié et on conseille aux gens d’y aller l’an prochain.

 

IF : Et pour ce soir, tu te sens comment ?

 

Balik : Content d’être là, il fait du soleil donc j’en profite et quand il fera nuit et bien je profiterai de la nuit.

 

IF : Vous avez pris le temps de visiter Rennes ?

 

Balik : Non malheureusement, avec le tour bus on n’est pas très mobile, une fois qu’il est garé, il ne bouge plus.

 

IF : Vous avez commencé votre carrière il y a un peu plus de 15 ans…

 

Balik : (Qui précise) Premier concert en 2001, le premier album en 2006, intermittent en 2009, première tournée professionnelle en 2008.

 

IF : Qu’est ce qui a changé depuis vos débuts ?

 

Balik : Je dirais notre vision de la musique. En 2001, on était une petite association de jeunes qui faisaient de la musique pour se faire plaisir, on essayait de jouer dans la ville et le département. En 2018, la petite association est devenue un label qui s’appelle Baco Records, une société qui emploie une trentaine de personnes entre le bureau et les intermittents.  On a essayé de professionnaliser ce parcours. Depuis 5 ou 6 ans, on essaye de cadrer ce qu’on a fait de façon anarchique mais censée pendant les 12 premières années avec cette vision d’adulte et l’expérience qu’on a acquis depuis. On s’est entouré d’un certain nombre de partenaires avec le temps et l’expérience. Maintenant, on s’amuse à tout faire tout seul, le label, la production, la distribution, la promotion… On travaille d’ailleurs avec une douzaine d’artistes avec Baco Records.

 

IF : Ce n’est qu’un début alors…

 

Balik : Il y a une autre histoire qui s’écrit. Au-delà de Danakil, le label nous pousse à une réflexion sur le développement musical. Ca nous pousse à nous tenir au courant des mutations car ça évolue à une vitesse folle entre le numérique, les plateformes en ligne, le commerce de la musique… Si tu ne t’accroches pas pour suivre et pour être tout de suite dans les changements, ça sera compliqué. Avec le label, ça nous met dedans, ça nous maintient dans le mouvement et en tant que groupe aussi. Tout ça c’est de l’énergie qui est positive.

 

IF : Qu’est ce qui n’a pas changé ?

 

Balik : Les membres et puis l’esprit d’origine qui sont les fondements.

 

Balik

 

IF : Le meilleur souvenir d’une tournée ? D’un festival si possible.

 

Balik : Il y en a plein et à chaque fois qu’on me pose la question, j’ai peur de dire toujours pareil donc je ne sais pas. Il va falloir que je réfléchisse à la question un jour...

 

IF : Tu peux squeezer la question, pas de soucis.

 

Balik : A chaque concert, il se passe des choses exceptionnelles mais il y a toujours des moments qui le sont plus que d’autres. La première jauge à 15 000 au Sun Ska en 2008, là on se demandait ce qu’il nous arrivait.

 

IF : Justement tu préfères les grosses jauges ou les plus petites ?

 

Balik : J’aime bien les deux. Je suis comme un compétiteur sportif, quand il y a du monde, ça met la pression et ça me plaît. Quand c’est en festival, il y a plein de monde, ça part de partout, c’est impressionnant. Quand on est en salle, c’est notre public, ce sont les fans et de la première à la dernière chanson, ça chante. Franchement j’adore les 2.

 

IF : Un festival que vous n’avez pas encore fait et que vous aimeriez faire ?

 

Balik : Tout grand festival qu’on n’a pas fait, on a envie de le faire. En France il y en a deux qui nous ont blacklisté depuis toujours et ça ne viendra sans doute jamais et c’est dommage car je les aime bien et j’y suis allé en tant que festivalier, c’est à Carhaix aux Vieilles Charrues, où ils n’ont pas l’air d’aimer le reggae français. Et puis les Eurockéennes mais qui est plus rock pour le coup.

 

 

IF : Une collaboration que vous aimeriez faire ?

 

Balik : Il y a Demi Portion ce soir et on s’est déjà contacté au téléphone pour monter un truc ensemble. J’aime beaucoup ce gars-là. Sinon, on a fait pas mal de feats dans le reggae et c’est chan-mé ces partages là mais un truc que je ne ferai probablement jamais et que je kifferais, ça serait de faire un feat avec Kool Shen.


 

IF : Je vous ai découvert en 2006 quand j’étais ado et j’entends toujours les jeunes de 15 ans qui chantent vos morceaux, c’est quoi le secret ?

 

Balik : Le secret c’est de jouer du Reggae. Ce n’est pas nous, c’est cette musique. Mon père l’écoutait aussi et l’écoute toujours à 72 ans mais je vois aussi des gens de 70 piges qui ont découvert le reggae avec Marley. C’est une musique transgénérationnelle, tellement réelle dans ce qu’elle raconte que quiconque s’intéresse un peu au monde dans lequel il vit va se retrouver dans le reggae. Ca dépasse les modes et c’est pour ça que cette musique regroupe toutes les générations, mêmes les enfants. Hier une petite fille de 10 ans m’a attendu à la fin du concert pour m’offrir un dessin.

 

IF : Et l’avenir proche de Danakil ? Un projet d’album ?

 

Balik : On fait notre tournée cet été avec plusieurs festivals. Début 2019, je pars sur un projet un peu en dehors du groupe. Je vais enregistrer un album de rap en solo et puis bien-sûr il y aura le label qu’il faut continuer de développer.

 

On ira écouter le futur album de Balik et on suivra les projets du reste du groupe avec attention. Merci au Rock’n Solex d’avoir organisé cette rencontre. N’hésitez pas à aller soutenir le festival qui a besoin de vous pour pouvoir mettre en place sa 52ème édition.

 

Dates

Crédit photos : Pascal Biomez Photographies (source : Facebook Danakil)

Par Florent le 07/06/2018

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