Fakear : « Cet album c’est un peu mon album pop »

Fakear

Au foin de la rue, on a rencontré le très sympathique Théo alias Fakear pour parler de son dernier album et de sa tournée. Retour sur cette interview décontractée.

 

Info-Festival : Es-tu branché foot ? As-tu suivi le quart de final contre l’Uruguay ?

Fakear : Alors pas du tout surtout que maintenant j’habite en Suisse donc tout cela c’est très loin. Il y a d’ailleurs eu un sursaut d’enthousiasme en Suisse qui s’est ensuite très vite éteint. Évidemment, la Coupe du Monde tu ne peux pas y échapper notamment avec les réseaux et puis les gars qui m’entourent s’y intéressent donc je suis ça quand même. 

 

IF : Et pour ce soir tu te sens comment ?

Fakear : Bien, ça fait plaisir d’être là dans un festival un peu plus petit que ceux que j’ai l'habitude de faire. Dans ce type de festival l’ambiance est plus détendue et bien souvent, c’est la que tu t'éclates le plus sur scène.

 

IF : Ton dernier album est sorti en avril, peux-tu le présenter en quelques mots ? Comment tu l’as construit ?

Fakear : J’ai encore du mal à définir d'où est venue l’inspiration car ça vient de beaucoup de choses, de ma vie perso déjà. Une vie que j’entretiens énormément car c’est très facile de tomber dans une routine de tournée où il n y a plus que ça dans ta vie. Il n’y a plus que ça qui te nourrit et tu ne rentres quasiment plus chez toi et finalement ta vie perso et très pauvre. Pour le coup, moi ce n’est pas du tout le cas. Si je tournes pendant trop longtemps, je suis à sec quand je rentre chez moi alors que quand je prends du temps pour moi, j’entre dans un processus de création. Du coup “All Glows” a été inspiré par beaucoup de choses, par mes voyages, par ma copine, par ma tournée et par les gens que j ai rencontré. J'ai notamment beaucoup tourné au USA où j ai rencontré plein de gens qui m’ont fait changer ma vision de la musique. Cet album, c’est un peu mon album pop. Il y a des tracks que les gens n’attendaient probablement pas de moi et que moi même je ne pensais pas réaliser un jour.

 

IF : Tu es arrivé il y a 5 - 6 ans sur la scène electronica avec d’autres gars comme Superpoze, Thylacine, Polo and Pan… Comment tu expliques que ce mouvement ait très vite pris de l’ampleur ?

Fakear : Je n’ai moi même pas trop compris. Fakear c’est une proposition super bizarre, il y a des voix qui ne veulent rien dire sur de la musique un peu orientale avec quelques beats électroniques par dessus… Je ne m’attendais pas à ce que ça prenne. C’est probablement dû à l'internationalisation des sons et des moyens. Maintenant tu publies un son sur SoundCloud et tout le monde y a accès. En plus, il y a quelques années, tu n'avais pas le matos pour enregistrer chez toi aussi facilement. La musique s’est démocratisée et les gens qui avaient des idées un peu chelou ont pu créer leur musique et j’en fais parti. Après l'engouement, je ne peux pas l’expliquer réellement.

 

IF : Et pourquoi, ça a émergé à Caen plus qu’ailleurs avec Superpoze et Orelsan également ?

Fakear : Ce que j’ai l’habitude de dire c’est qu’on se fait tellement chier à Caen qu’on a cherché un moyen de s’évader. Il y a une salle qui fait super bien son taff, c’est le Cargo. Cette salle nous a tous aidés, nous à tous vu grandir, nous a tous accompagnés. Orelsan a ouvert toutes les portes à Caen et on s’est tous engouffrés dedans. Et dans tous les styles car il y a aussi eu Granville, Concrete Knive…  Superpoze, Gabriel, je le connais depuis le lycée

 

Fakear

 

IF : Tu es programme à Dour encore cette année ? Est-ce une date plus importante que les autres ?

Fakear : Je crois que c’est la troisième fois que je le fais et c’est une pression supplémentaire car je dois faire mieux que les autres fois. Je dois aussi faire quelque chose de différent des années passées. Je me sens comme chez moi là bas et je suis trop content d’y retourner, j’ai envie de tout tabassé. Il me reste une semaine pour préparer tout ça et je n’ai pas encore taffer dessus…

 

IF : Tu as fait quelques dates à l’étranger, le public est-il différent ?

Fakear : Le public français est plus convivial, il aime faire la fête, il est plus bourrin. Il aime quand ça cogne un peu plus. Les publics allemand et américain sont un peu similaires. Ils aiment quand c’est voyageur, quand il y a des émotions. Le public anglais est encore différent car il vient pour écouter, il a plus l’oreille donc il est plus exigeant, ça met plus de pression.

 

IF : Tu cartonnes depuis 5/6 ans donc qu’est ce qu’on peut te souhaiter de plus pour les années à venir ?

Fakear : De rester honnête et de toujours continuer de se remettre en question.

 

 

Par Florent le 03/09/2018

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