La Rue Kétanou : « Notre métier c’est de relier des ponts entre les gens »

Rue Kétanou

Lors de la Flume Enchantée, on a eu la chance de rencontrer Mourad de la Rue Kétanou. Avec lui, nous sommes revenus sur les 20 années qui se sont écoulées depuis la création du groupe.

 

Info festival : Comment te sens-tu à quelques heures d’entrer en scène ?

 

Mourad : Pour l’instant assez détendu. Ca monte au fur et à mesure, c’est le calme avant la tempête.

 

IF : Est-ce que jouer en Bretagne ça rajoute une pression ?

 

Mourad : On aime beaucoup jouer ici, on y a déjà fait quelques festivals cette année. Il n’y a pas longtemps, on était au No Logo. On a déjà fait le Roi Arthur, les Jeudis du port à Brest... On kiffe venir ici car on y a plein d’amitiés, plein de copains qu’on retrouve et avec qui on passe des bons moments. En plus, j’ai ma famille qui est venue parce qu’elle habite pas très loin, dans le Maine et Loire.

 

IF : Vous étiez à l’affiche de grands festivals encore cette année - comme le Reggae Sun Ska -, ce soir, c’est dans un cadre plus familiale qu’on vous retrouve. Avez-vous une préférence ?

 

Mourad : Non enfin … Oui. On préfère les festivals à taille humaine parce qu’on peut sympathiser avec les bénévoles. Quand c’est une grosse machine où tu as de la sécurité qui te bloque ce n’est pas pareil. C’est quand même plus sympa quand tu as l’impression d’être à la maison. Cet aprem, on est allé boire un coup au café qui s’appelle le Casting et c’est comme ça qu’on a appris que c’était les patrons qui organisaient le festival. Il y a des rapports assez simples, tout le monde s’investit et ça rend les choses agréables.

 

IF : Est-ce que vous changez votre manière de travailler selon la fréquentation du festival où vous êtes ?

 

Mourad : Non ça ne change rien. On est content de faire des grandes jauges parce que ça veut dire que ça fonctionne. Ca fait 20 ans qu’on tourne, on aurait pu disparaître mais on est toujours là donc on est plutôt content. On ne change pas notre manière d’être, de faire les choses, on reste ce qu’on est, La Rue Kétanou.

 

Mourad

 

IF : Ca fait 20 ans que vous tournez comme tu l’as dit. Y-a-t-il tout de même, encore un lieu ou vous rêverriez de jouer un jour ?

 

Mourad : Non car on est toujours déçu par les choses que l’on attend trop. On préfère se laisser surprendre. Par exemple, on a fait les Vieilles Charrues, j’ai adoré les faire, les gens étaient super sympas mais j’ai aussi adoré faire un festival à Laguépie dans un hameau où il y avait 200 personnes. Les choses sont différentes donc le plaisir est différent.

 

IF : Ton plus gros souvenir de ces 20 ans avec La Rue Kétanou ?

 

Mourad : C’est l’amitié qu’on entretient qui est hyper importante, plus que la musique. Les souvenirs, il y en a tellement...

 

IF : Est-ce qu’il y a des choses qui ont changé en 20 ans ?

 

Mourad : Sur cette tournée, ce qui a changé c’est qu’on a un nouvel accordéoniste. Un copain qui s’appelle Pierrot et qui joue dans un groupe qui s’appelle les Becs bien Zen. Florent a eu une tendinite au début de la tournée et il ne pouvait pas jouer de l’accordéon donc on a demandé à Pierrot de nous dépanner. Finalement, on l’a gardé avec nous et maintenant au lieu d’être 3, on est comme les mousquetaires, on est 4.

 

IF : Et vous n’avez jamais été fatigués de sillonner la France pendant 20 ans que ce soit avec La Rue Kétanou ou vos autres projets ?

 

Mourad : Non parce qu’on varie les plaisirs. On a plusieurs vies en une seule. On a fait dix belles années de fête pendant lesquelles on a honoré notre statut d’artiste. Et puis maintenant, on a des enfants. Par exemple, cette tournée était complètement différente. On a beaucoup bougé avec eux, on a les bicyclettes dans le coffre, on a fait pas mal de sport, de la nage, de l’escalade… On essaye de se faire plaisir mais différemment.

 

Rue Ketanou

 

IF : Vous sortez un album tous les 5/6 ans, le dernier est sorti il y a 4 ans, le prochain est pour bientôt ?

 

Mourad : On commence à travailler dessus, il est pour 2019 normalement. Ce n’est pas calculé, on est dans d’autres projets et quand on a un peu de temps, on se met à travailler ensemble. Là avec Olivier, on va jouer dans une pièce de théâtre pendant deux ans. Florent a monté un projet qui s’appelle la Greenbox autour des textes de Victor Hugo qu’il met en musique. Je continue de tourner en parallèle avec Mon Coté Punk. On peut se permettre des infidélités quand on est musicien, ça nous permet de ne pas tomber dans la routine.

 

IF : Donc l’an prochain Mon Coté Punk et du théâtre alors...

 

Mourad : Oui et il y aura aussi un peu de Rue Kétanou et puis des animations parce qu’on n’a jamais cessé de bosser dans les quartiers, dans les prisons, avec les jeunes, on mène des ateliers d’écriture… Pour nous, c’est génial ce qui nous arrive musicalement mais, ce n’est pas une fin en soi. On ne cherche pas à faire une carrière mais on grandit ensemble avec notre public. Ce qui est génial, c’est que notre premier public a fait des enfants et leurs enfants grandissent et viennent voir nos concerts. On est content de vendre des albums, de voir que ça marche bien mais on a pleinement conscience que notre premier métier ce n’est pas ça. On est des musiciens, notre métier c’est de relier des ponts entre les gens dans une France énormément divisée en ce moment….

 

Comme vous probablement, on attend avec une grande impatience 2019 car on a hâte d’écouter ce futur album. D’ici là, on suivra Mourad, Florent et Olivier sur leurs projets parallèles.

 

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Par Florent le 21/10/2017

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