Le Made a encore frappé très fort

Made

La deuxième édition du Made était tellement démente qu’on avait classé l’événement parmi les meilleurs festivals en 2017. On ne pouvait donc pas ignorer l’édition 2018 du festival rennais qui revenait cette année encore avec beaucoup d’ambition. En témoigne un sacré programme composé de Jeff Mills, Nastia, Derrick May ou encore Daniel Avery. Un vrai régal !

 

Vendredi 18 Mai

 

Il n’y a pas grand monde sur le site quand on arrive à 23h mais comme l’an dernier, on se doute que les rennais vont débarquer plus tard. On commence donc la soirée sous le chapiteau étoilé de la Disco Ball Stage, nouveauté du festival qui fait office de scène house. Sous la boule à facette qui met directement dans l’ambiance, on se laisse porter par les mélodies de Blutch.

 

A minuit, la foule est déjà un peu plus dense pour le show d’Henrik Schwarz. S’il est allemand, ce n’est pas pour autant qu’il fait de la minimale. Le créneau d’Henrik, c’est plus la deep house. Il alterne entre temps forts et temps faibles, fait monter la tension pour partir sur un drop et puis redescend le rythme avant de repartir pour un nouveau drop. Le problème, c’est l’aspect assez répétitif qui enlève l’effet de surprise. On ne peut pas toujours jouer de la sorte avec le public. Dommage car par moment, les avalanches de beats étaient dingues.

 

On continue avec celle que l’on attendait beaucoup ce soir, Nastia. Elégante et sensuelle, rien que sa manière de danser nous met dans le tempo. Le rythme se veut soutenu et les temps faibles sont assez rares. Sa techno est percutante, mélodique et très efficace. Nastia nous fait planer avant de partir doucement vers des drops très bien sentis. Le dernier 1/4 d’heure de son show ne nous laisse pas une seconde de repos et ça part dans tous les sens. Pouaaaaaahhhhhhh ! C’est juste dément! L’ukrainienne nous a montré qu’elle était au-dessus de la mêlée ce soir et on a hâte de la revoir. Un set vinyle ultra complet avec technique,  mélodies et beats ravageurs.

 

Pas une seconde de répit puisque la soirée continue avec l’un des pionniers de la techno, Jeff Mills. Jeff Mills, c’est la classe tout simplement. Quand il entre sur scène, il impose le respect derrière ses machines. Dès les premiers morceaux, on sent toute l’oreille et la technique du maître. Son univers est onirique et le producteur américain nous invite dans un voyage musicale où il est nécessaire de s’accrocher par moment car ça remue quand même sévère. Comme Nastia, Jeff Mills termine son set par un déferlement de beats qui nous poussent à puiser dans nos réserves d’énergie. Il est 4h30, une légende vient de passer et nous avons eu la chance d’être là pour la voir. Le Made festival nous avait gâté l’an dernier en invitant Robert Hood, il nous a encore régalé cette année en faisait venir son compagnon - lui aussi fondateur d’Underground Resistance - Jeff Mills.

 

Cette première soirée se clôture avec  Möd3rn qui est venu remplacer au pied levé Manu le Malin. Le trio propose une techno sans concession qui cogne sévère. 6 mains pour 6 fois plus des beats et de basses. On reste une petite heure devant à taper du pied mais après les shows de Nastia et Jeff Mills, il faut avouer qu’on commence à faiblir. Il est l’heure pour nous de rentrer, on a hâte de revoir Möd3rn dans un autre festival.

 

Nastia

 

Samedi 18 Mai

 

Dès 13h30, les premiers beats techno de la journée viennent nous réveiller. On habite au pied du Parc des Tanneurs et le Made est déjà reparti. On se lève, on ouvre la fenêtre, il fait un soleil digne d’un mois de juillet à Ibiza. Un café et c’est reparti ! Direction le parc pour aller profiter de cet après-midi ensoleillé avec le collectif rennais Brume. Des petits sons chill/house/disco pour bien démarrer la journée. Victime de son succès, cet open-air est complet dès 16h. Il en est de même au parc des Thabors. Le Made confirme encore une fois sa réputation dans la capitale bretonne.

 

A 23h, c’est reparti pour le Parc Expo. Comme la veille, on commence sous le chapiteau où le duo Physical Behaviour est en place. Avec leur bonne humeur communicative, les deux Djs nous envoient un set aux petits oignons pour bien débuter la soirée. Sur une base house mais agrémentée de sons funk et discos, leur musique nous permet de montrer nos plus beaux déhanchés.

 

Comme la veille, ça commence à se remplir vers minuit et demi dans le Grand Hall. Point G propose une techno sans grande saveur. Un set assez plat où le rythme ne varie que très peu.  Rien de bien méchant puisqu’une pointure nous attend ensuite à 1h. Il s’agit là encore d’un pionnier de Détroit puisque c’est l’heure de Derrick May. Encore une fois, on assiste à une très belle prestation avec une techno minimale assez sombre qui cogne dure. On est face à un patron donc le rythme du set est très bien géré et nous n’avons pas le temps de nous ennuyer. Seul petit bémol tout de même, les vingt dernières minutes sont ponctuées de plusieurs temps morts qui viennent casser la bonne dynamique globale.

 

La dynamique repart très vite avec Traumer qui vient nous proposer son live. Déjà présent la veille dans le trio Möd3rn, le parisien reste dans la même lignée que le vendredi puisque la base de ses morceaux est fondée sur une techno puissante. Il vient tout de même la teinter de deep house pour égayer un peu le tout. Une prestation bien maîtrisée sans temps morts, un vrai régal. 

 

Pour clôturer cette deuxième et dernière soirée, c’est le britannique Daniel Avery qui entre en scène. A peine plus de 30 ans mais déjà tout d’un grand, le britannique s’est imposé comme un des grands messieurs de la techno au niveau mondial. Venu présenter son dernier album « Song for Alpha », le britannique n’a qu’un objectif, nous enfermer dans notre bulle et il y arrive très bien. Loin des drops puissants qu’on a pu voir la veille, le londonien nous enveloppe dans un univers rêveur et planant qui nous pousse à fermer les yeux et à se laisser embarquer. Il vient clôturer le festival de la plus belle des manières.

 

Ambiance

 

Le Made a encore frappé avec cette 3ème édition qui a été largement à la hauteur de nos attentes. Le festival rennais est en train de s’imposer parmi les gros rassemblements techno de l’hexagone. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que des magazines comme Traxmag ou encore Mixmag le suivent de près. Chapeau aux organisateurs qui œuvrent à la réussite de ces 4 jours.

 

Crédit Photo Axel : En haut : Nastia - En Bas: l'ambiance du Grand Hall

Par Florent le 07/06/2018

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