Les 10 ans des Ramoneurs

Soirée anniversaire 10 ans Ramoneurs de Menhirs 2016

Les 4 et 5 novembre, les Ramoneurs de Menhirs ont profité de deux soirées pour fêter, comme il le faut 10 ans de carrière, 10 ans sur les routes en fest-noz et festivals. Quel que soit la taille des événements et sans jamais se poser la question du temps à passer sur scène, avec des concerts (très) souvent plus long que prévu. Et justement, l’une des soirées était consacrée au fest-noz, et la seconde au punk. Cette décennie a permis de fédérer autour d’eux un public large, fidèle et toujours plus nombreux, véhiculant des valeurs de respect et d’ouverture. Il fallait au moins deux soirées pour mettre le feu le temps d’un week-end.

Personnellement, les deux n’étant pas dans les mêmes endroits, je me suis rendu qu’à La Gacilly, (Morbihan) ne soyons pas trop gourmand. Et puis, deux concerts à suivre des Ramo, et vu les groupes du samedi, j’aurais mis une semaine à récupérer. Sachant que ça fait à peu près depuis la sortie de la programmation du festival que j’attends cette soirée du samedi, j’étais totalement à fond. Réveillé hyper tôt, vers 13h, j’étais motivé pour arriver au moins une bonne heure avant le début des concerts. Un problème de voiture en a, hélas, décidé autrement. Vu comment elle fumait noir, je me suis demandé s’il ne fallait pas ramoner le pot d’échappement. (Vous avez raison, c’est une blague pourri mais je l’assume totalement!!!!). Ce petit souci technique m’a fait quand même louper le premier groupe de la soirée, Working Class Zero. Mais ce n’est pas grave, on ne perd pas le moral et j’arrive pendant les Nevrotic Explosion qui ont commencé depuis peu.

Pour le côté explosif du groupe, j’ai pu le cerner directement en rentrant dans la salle où le son m’a mis tout de suite dans l’ambiance. Nevrotic Explosion, c’est tout simplement un punk rock rythmé, virevoltant et terriblement énergique. En plus de mettre une ambiance de dingue, ils n’hésitent pas à scander haut et fort leur vision de la société tout en mettant en avant les dérives de celle-ci. La dynamique sur scène est amplifiée par le fait que suivant les chansons, nous nous retrouvons avec trois chanteurs ou avec un seul, certains musiciens pouvant prendre le micro le temps de quelques morceaux. Ce groupe m’a fait une très grosse impression tant par la fougue que par les rythmes entremêlés de paroles percutantes. Et puis, sans les connaitre plus que ça, je ne me sens pas dépaysé avec ce que je vois habituellement sur scène lorsque je reconnais Waner (guitare, second chant) et Job (batterie) de Tagada Jones. C’est d’ailleurs deux groupes où l’on retrouve quelques similitudes, par l’engagement et la volonté de mettre une ambiance folle notamment.

Les sales majestés © Virginie Lécrivain
Copyright © Virginie Lecrivain

Après cette prestation de haut vol, on en profite pour se frayer un chemin dans la foule très dense qui se dirige vers l’extérieure et pour de nombreux, est synonymes de pause clope. Mais la soirée étant très froide, je ne restais pas longtemps dehors. D’ailleurs, je ne veux rien louper du concert qui vient avec les Sales Majestés.

Groupe emblématique du punk révolté, depuis 1988, la formation a beaucoup évoluée ces dernières années. Du groupe original, on retrouve Yves, chanteur depuis 2015 en remplacement d’Arno Futur, qui scande sa rage avec toujours autant d’énergie. Les Sales Majestés savent y faire pour faire bouger le public en reprenant les grands classiques. Commencer par « camarade » et toute la foule est en feu dès les premières notes. Les Sales Majestés c’est avant tout un regard critique sur notre société et l’évolution de celle-ci. Ils abordent des thèmes tel que les violences faite aux femmes avec la chanson, « tous les jours », l’actualité politique avec notamment « halte au front », « sois pauvre et tais-toi ». Mais le concert passe aussi par des moments plus émouvants comme la chanson « keupon toujours » chanté en hommage à Yann, membre du groupe décédé en 2015. La chanson « sur le pont », une ode à la Bretagne a permis d’inviter Eric et richard, les deux sonneurs des Ramoneurs sur scène. Le public était déjà tout à fond, mais pendant ce featuring l’ambiance était juste démente. Avec la préparation de leur dernier album, soyez rassuré, ce soir, ce n’était pas pour eux le dernier combat.

En tout cas, même si on aurait bien voulu encore une bonne heure de live, après ce concert de malade on a qu’une envie, c’est de boire une bière. Et un festival se juge aussi par rapport à la qualité de boisson proposée. Pour cet anniversaire, on a été servi. Nous avions le choix entre la Tri martelod, de la Couille de loup, et la Ramoneuse. Par pure éthique et pour être le plus complets vis-à-vis de vous, je me suis efforcé de goûter les trois et vous pouvez me croire, elles sont excellentes. Avant de replonger dans une ambiance digne, et pendant que Tagada Jones se prépare, Je croise Erwan, du staff des Ramoneurs. Au détour de cette discussion, il me glissa que le fest-noz d’hier a envoyé du lourd et que les bénévoles ont grave géré. A cause de lui, je suis triste d’avoir choisi de ne faire qu’une des deux soirées.

Tagada Jones © Virginie Lecrivain
Copyright © Virginie Lecrivain

Mais ce n’est pas grave, le groupe qui arrive va réussir à me réconforter avec du punk Hardcore. On n’a pas beaucoup vu Tagada Jones en 2016, ou ils ont du faire au maximum 5 dates. Ils ont conclus la tournée du bal des enragés il y a peu ou il se retrouvait sur scène avec d’autres formations de la scène underground française, pour reprendre à leur sauce des grands classiques musical.

Alors quand les notes de l’intro commencent, je me suis rendu compte à quel point leurs lives m’avaient manqué. Et oui, Tagada est devenu une véritable addiction, tant par la dose d’énergie qu’ils renvoient au public que par les textes acérés et percutant dont ils ont le secret. Au-delà des textes, les Tagada savent mettre le feu par des rythmes acharnés. Des chansons tel que « Tout va bien », « Cargo », « Dissident », « De l’amour et du sang », sont autant d’hymnes revendicatrices contre la société, la politique, ou encore l’économie. Une page se tourne pour le groupe avec actuellement, l’enregistrement du nouvel album, qui s’enchaînera avec une tournée. Pour les nostalgiques, le live dissident tour vous fera revivre cette énorme tournée comptant pas moins de 170 dates. Je dois avouer que j’ai hâte de voir leurs nouveaux projets, je suis arrivé à un point où je connais toutes leurs chansons par cœur du dernier album Dissident. Et ne peux m’empêcher de les chanter. Bon d’accord, ma voix rend un peu (beaucoup) moins bien que celle de Niko le chanteur. Pour l’anniversaire des Ramoneurs, on pouvait s’en douter de les retrouver encore pour un live explosif. Celui-ci s’est ponctué par un featuring. Après les sonneurs avec les Sales Majestés, on a pu retrouver Loran qui vient chanter Karim et Juliette avec eux (un featuring déjà présent sur l’album dissident).

Pour clore cet anniversaire qui tient toutes ses promesses, les stars de la soirée sont sur scène. Bien sûr, leurs dites pas que je les ai appelés comme ça, ils vont m’en vouloir. On retrouve les sonneurs Lorientais, Eric et Richard, toujours aussi énergiques et remuants, Gwenael qui nous inonde de ces textes en bretons porté par sa voix envoutante et captivante. Tandis que Loran nous enchantent de sa guitare dont il joue de façon endiablée… C’est vrai que par moment on pourrait croire qu’il est habité par sa musique. Le mélange de punk et de musique traditionnelle bretonne est toujours aussi explosif, voir plus ce soir avec l’événement et un public bouillant. Ces quatre passionnés revisitent leurs trois albums avec le supplément d’âme qu’apporte le live. On retrouve aussi des reprises des Beruriers noirs, Loran étant le guitariste de cette formation emblématique, permettant de se raviver la force de conviction dont ils ont toujours fait preuve. L’événement étant spécial pour eux, ils se sont bien entourés pour l’occasion, avec les danseurs et danseuses du Cercle Celtique de Quic en Groigne Saint Malo. Leur anniversaire ne pouvait pas se finir sans la scène « envahit » des personnes du staff et de leurs amis présents ce soir, Les Ramoneurs et leurs grandes fratries.

Les Ramoneurs du Menhir © Virginie Lecrivain
Copyright © Virginie Lecrivain

La soirée est bientôt finie et c’est fou comment elle est passée beaucoup trop vite. Cet anniversaire a été sous le signe de la dissidence et de l’insoumission tout autant que de la convivialité avec une ambiance chaleureuse et familiale. Tout ce qui fait la valeur des Ramoneurs de Menhirs, et plus largement des groupes qui sont passés, s’est retrouvé dans l’atmosphère générale de la soirée. L’événement a réuni beaucoup de gens qui connaissait un minimum les Ramoneurs , et une partie des groupes présents, la programmation étant relativement homogène. Cela a permis de se retrouver avec une population diverse, de tous horizons réunis avec au moins un point commun, la même volonté farouche de faire la fête.

Tagada Jones avait fêté leurs 20 ans en 2014 et depuis font une soirée par an (2017 sera « on a plus 20 ans III » avec notamment… les Ramoneurs !!!). Je pense que vous serez d’accord pour dire que l’on attend « les Ramoneurs fêtent leurs 11 ans » avec une impatience non – dissimulée.

Soirée 10 ans des Ramoneurs du Menhir © Virginie Lecrivain
Copyright © Virginie Lecrivain

 

Par infofestival le 17/10/2017

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