Les Bichoiseries #12

Festival Les Bichoiseries 2018

L’été bat son plein après une semaine de grosse chaleur et ce vendredi 29 Juin est à limage de la semaine que l’on vient de passer. Certains iront tranquillement à la plage, ou se balader en forêt… ou juste squatter leur jardin, mais pour moi, c’est un temps à faire des festivals surtout quand c’est le week-end des Bichoiseries !! Géré par l’association Mafio’zik, c’est la douzième édition d’un événement qui propose chaque année une programmation festive, mélangeant découverte et groupes confirmé dans des styles très riche ! Rien que l’année dernière, Naaman partageait l’affiche avec Claudio Capéo et Naouack, alors que l’année d’avant, le Collectif 13 se retrouvait avec les Tambours du Bronx, le Peuple de l’Herbe ou encore l’Esprit du Clan.  Cette année, la programmation se veut encore éclectiques, tout en étant homogène, en tout cas par rapport aux groupes que je connais. En arrivant sur place, on retrouve la disposition habituelle avec la grande scène en contre bas d'une pente, des gradins naturels en soi et la seconde, sous un chapiteau quasiment à l’entrée du festival. 


Allez c’est parti pour le live, et on se met dans le rythme très rapidement avec Soviet Suprem. L’univers totalement décalé du groupe orienté autour de l’union soviétique est un régal.  Le live commence à poser la base avec une chansons sous forme d’hymne et directement après on enchaîne avec un classique « j’débarque ». Ce qui est cool, c’est que l’univers de Soviet Suprem peut permettre pas mal de blagues, notamment des deux chanteurs John Lénine et Silvester Staline (d’ailleurs on s’est posé la question des vrais prénoms par la suite, on est resté bloqué sur John et Silvester un bon moment). Que ce soit par des réutilisations de phrases politiques connues « Je vous ai compris » ou de jeux de mots tel que « Je suis le leader de la république en Marx ». Bref, ça dépeint l’environnement dans lequel Soviet Suprem nous emmène, tout en ne négligeant pas la musique. Le live nous raconte une histoire (sans vous spoiler, vous risquer de voir un putsch) et permet de découvrir leurs second album (Marx Attack) avec notamment la chanson « Vladimir ». Après avoir fait la « Soviet Suprem Party » et jeté tous ceux qui n’adhèrent pas à celle-ci au Goulag, il est temps de changer d’environnement et d’aller voir ce qui se trame sous le chapiteau. 

 

Soviet Supreme
Soviet Suprem © Béa Gillot

 


Et là, on laisse le côté soviétique pour les Rennais de Monty Picon sous le chapiteau. Alors c’est vrai qu’ils sont un peu serrés, comme la scène sous le chapiteau est plus petite que la scène principale, mais les 8 musiciens (trompettes / trombones / guitares / basses / batteries / banjo) s’en accommodent. En même temps, c’est un groupe qui sait s’adapter, ayant le matériel pour jouer autant sur scène que dans la rue. Et très vite, on est transportées dans un univers de blousons noirs avec un art de la scène ou tout parait synchronisé et une musique parfaitement maîtrisée sur un style punk rock instrumental. On passe par « le chant des oiseaux morts », « Djizeux is Bullsh.t », « s’il en reste on reviendra » (Une chanson où les cuivres laissent place aux cordes). A chaque fois que je les vois, ils me surprennent par la maîtrise qu’ils ont de la scène tout en proposant une musique à faire jumper petits et grands. Pour les avoir vu à une fête de la musique, les plus jeunes raffolent aussi de ce groupe !!  En tout cas, sous le chapiteau, l’ambiance est montée d’un cran.      


Le temps d’aller prendre un petit verre, et le prochain concert démarre. Personnellement, je suis comme un fou sachant que c’est la première fois que je vois La Phaze en vrai, et qu’ils ont annoncé leurs retour il y a peu. Le retour sur scène a été accompagné de deux nouvelles chansons « Avoir 20 ans » et « Sourire au teint de glace », Cette dernière ayant été annonciatrice du grand retour et que je trouve juste génial par rapport au thème abordé. En tout cas, si le nouveau défi du groupe est de faire jumper la foule avec cette nouvelle tournée, ils sont bien partis. Ils se définissent dans un style « High Energy Drum & Bass Rock Live » mais ça reste un groupe difficile à définir tant ils ont de multiples influences, rock punk, reggae dub, drum n bass, jungle et bien d’autres. Ils sont d’ailleurs habitués aux feat avec des artistes de styles différents (Keny Arkana, Tagada Jones, des membres de Gogol bordello, Mouss & hakim, Undergang) et cela représente bien l’identité du groupe, explorant diverses influences décrites le temps d’un ou deux albums avant de changer de ligne directrice. 6 ans après avoir décidé de mettre fin au groupe, la Phaze est reparti, en espérant que ce ne soit pas « l ’assaut final » qui conclura de très belle manière ce live.  


On repasse sous le chapiteau pour voir Gomad ! et Monster et juste après la Phaze, le choix du groupe est plutôt bien pensé avec eux aussi des influences diverses.  Les Madrilènes ont retourné le chapiteau en imposant leur son. Sous des masques, les quatre musiciens imposent un style vibrant et hyper riche. Le style du groupe, le Rave & Roll décrit bien ce que tu vis dans un live avec un son Rave à te faire danser toute la nuit, et un instrumental guitare/batterie qui tache comme il faut et qui incite au pogo !! Il y a juste à observer les tee-shirts de deux des musiciens pour comprendre les influences : Slayer et gorgoroth. A la fin du live, Gomad ! et Monster va rester comme une belle découverte. Surtout qu’ils n’hésitent pas à mélanger du Oasis (Wonderwall) et green Day (NSP), les références restent sympas.

 

Béa Gillot Photographie
Public © Béa Gillot

  

Ont fini la première soirée avec un son Electro instrumentale.  Cette tribu composée de cinq musiciens est le précurseur d’un style aussi surprenant que divers. En effet, ils mélangent Guitare, Basse, Batterie, Voix, Congas, Djembé, Didgeridoo et plein d’instrument qui me parlent pas du tout. Hé oui, c’est une tribu qui voyage pour se laisser influencer avec de la musique des 4 coins du globe pour nous proposer un style Natural Trance ou "Techno Acoustique". Le mélange de toutes ces influences permet de retrouver un son très novateur tout en étant un style très Roots, aérien, et énergique à souhait. Hilight Tribe nous proposent un concert avec différentes escales pour un voyage qu’ils nous proposent depuis environ 20 ans. Vous y trouverez peut-être un côté électronique, ou simplement une musique du monde qui nous donnent des envies de voyage ! …Même si venir déjà de Bretagne, en Normandie, ça a des airs de rendez-vous en terre inconnu (Je n’avais pas encore chambré nos amis normands, mais promis, c’est ma seule tentative). Le son d’Hilight Tribe résonne encore en nous, mais il est temps de retrouver le campement, discuter un peu avant de faire dodo.

Sachant que le samedi a débuté gentiment… jusqu’au match de l’équipe de France face à l’Argentine retransmis sous chapiteau. Bon, vous connaissez le scénario (finale même !) Mais en tout cas, un match vu en festival, c’est une ambiance juste énorme. Et puis on pourra dire à Maradona que la France à gagné haut la main et ça c’est cool (oui, tout le monde à déjà du la faire mais je m’en fous). 


On arrête les blagues toutes pourries et on se remet dans le bain des live et d’une ambiance qui sera au moins aussi bonne. Et pour reprendre, les Bichoiseries nous proposent un groupes Ska punk qui s’est bien laissé influencé par des piliers comme la Ruda, les caméléons en Ska, et une petite touche des Sheriffs, la souris déglingués ou LSM. Ce fameux mélange m’a fait penser assez rapidement à un son proche de Los Tres Puntos. Si avec toutes ces références, ça ne vous donne pas envie, que faudra-t-il !!? Et oui, Les Zéclopés ont su puiser dans pas mal d’influences pour trouver la meilleure recette afin de te faire jumper.  On retrouve un groupe assez conséquent (pas si rare pour du ska punk) avec sur scène de la guitare, basse, percussions, batterie trompette et saxophone. Ce groupe nous propose des chansons par moment légère comme la vieillesse, ou « je veux être con comme un footballeur » (pas sûr que ce soit le titre mais c’est ce que j’ai retenu). Mais aussi des chansons plus sérieuses ou revendicatrices tel que répression. Tout ça dans une ambiance très caractéristique du style musical dont ils font partie. Ils ont en tout cas bien su nous garder dans l’ambiance du match avec une ambiance de feu sous le chapiteau.


Et voici encore une découverte pour moi qui est Talisco, vu la foule en folie, malgré un nombre pas si conséquent comme ça reste tôt dans la soirée, il s’agit là d’un groupe très apprécié et attendu. Ce groupe de pop est composé de seulement trois musiciens, comprenant chant, guitares, batterie accompagnée d’un pad. Cependant, il ne faut pas se méprendre, même s’ils chantent en Anglais, Talisco est un groupe Français. En tout cas, ce soir, sur scène ils sont là pour mettre l’ambiance, vous faire voyager, et surtout vous faire danser. Ils n’ont pas de mal à envoyer leur public dans un univers unique qui leur est propre. Vous les connaissez peut-être surement sans le savoir étant donné que leur chanson « the keys » a été utilisé pour une pub dont je ne peux citer le nom, mais je compte sur vous, vous irez vous-même écouter !  D’ailleurs il est étonnant de savoir que tous les morceaux, ou presque, sont composé par leur musicien Jérôme Amandi, chez qui l’album est aussi enregistré… On peut avouer, il gère quand même ! 

 

Béa Gillot Photographie
Marcel et son Orchestre © Béa Gillot

 


On continue sur un style assez posé et ça nous permet de retrouver un peu de Reggae sous le chapiteau avec The Sunvizors. Et ce qui est bien dans ce groupe, c’est que le style ne les contraints pas à faire que du reggae, et on peut voir des influences par moment plus rock, ou un style plus hip-hop sur certains morceaux. Porté par une chanteuse au timbre de voix assez particulier, le combo guitare/basse/batterie s’accompagne d’un clavier pour nous proposer sur scène leur premier album « Colors » permettant de découvrir des morceaux comme « Colors », « Music box » « Essential » … D’ailleurs la mélodie from Babylon to essential m’est resté hyper longtemps en tête. Ce n’est pas le groupe qui fera jumper la foule et justement ça permet de voir d’autres style et c’est aussi bien (Vous inquiétez pas, il y a de quoi faire dans ce style-là par la suite, et d’ailleurs directement avec le prochain concert. 


On parlait de retour hier avec la Phaze, mais il ne faut pas oublier que Marcel et son Orchestre son aussi sur une tournée après quelques années de pause. Bon… le style diffère un tout petit peu, mais ça fait hyper plaisir de les revoir. Pour moi, le groupe fait vraiment partie des piliers du monde du festival, et leur entrée triomphale sous un rideau ne laisse pas indifférents. Mais quand le rideau tombe, ça nous laisse entrevoir la classe vestimentaire du groupe, avec beaucoup de couleurs qui flash, et certains déguisé en femme ; Vous le comprenez bien, ils ne se prennent pas au sérieux et c’est pour ça qu’on les aime. En tout cas, les fans de la première heure ont dû adorer car ils ont revisité pas mal de classique, Raoul et Alain, 62 méfie te, On est des cons, médiseuse, femme mure et bien d’autres. Pour ceux qui les découvrent, ils ont dû apprécier l’ambiance folle, avec un bateau gonflable et son marin qui passe sur la foule, quelques gens du public qui se font déguiser pour monter par la suite sur scène, une ambiance qui n’est revenu calme qu’à la fin pour la chanson meuh meuh ou le groupe a fait s’assoir la foule. En tout cas quel retour génial. Je vais me rafraichir en vitesse avant le prochain groupe, et ce sera celui ou il faut être le plus en forme. 


Difficile de définir s’il s’agit de punk ultra violent ou d’un bon gros métal qui tache. En tout cas, le groupe Pogo Car Crash Control ne se donne aucune limite dans l’écriture de leurs chansons et dans l’énergie furax de leur musique. Connu depuis peu d’années, ils ont fait fureur dès leur premier EP ce qui a engendré une grande attente pour leur premier album très prometteur qui est finalement sortie en mars dernier pour le plus grand bonheur des premiers fans (et aussi des futurs !). J’ai pour ma part une préférence pour l’enregistrement studio, dans lequel les paroles deviennent distinctes et grâce auquel on peut visionner leurs clips déjantés qui sont, il faut l’avouer,  très distrayant et amusants (Même si gâcher un kebab, dans le clip de « comment lui en vouloir », c’est mal !!)  La qualité musicale du live reste très bonne, mais n’oublions simplement pas qu’ils passaient sous le chapiteau, condition dans laquelle le son peut être difficile à gérer Je pense qu’on en entendra parler encore longtemps de ce groupe. Déjà parce qu’ils ne sont pas non plus super vieux malgré la qualité technique qu’ils imposent, mais aussi parce qu’ils passent déjà dans des très gros festivals (Download et Hellfest pour ne citer qu’eux). 


Proposant bien plus qu’un concert, mais un show mis en scène, Opium du Peuple le démontre avec une arrivée en prêtre sur Ave Maria (version rock bien sûr). Ces musiciens (qui sont 7 aujourd’hui) approfondissent leur spectacle avec de nouvelles reprises et de nouveaux costumes. D’ailleurs, il se sont lancé dans le tournage non pas d’un clip, mais d’un film, intitulé « les 7 salopards », qui est disponible depuis peu et que vous pouvez dorénavant regarder gratuitement sur leur site officiel ! Personnellement je ne l’ai pas encore regardé mais ça ne saurait tarder ! En tout cas, sur scène, attendez-vous à ce qu’a n’importe quel moment les musiciens échangent leurs instruments, avec eux on peut s’attendre à tout, surtout lorsque Machine, le batteur, se fait punir d’avoir trop fumé, et se retrouve a devoir chanter. A côté de cela, vous resterez surement bluffé par les opiumettes qui assurent le show par des danses, et qui prennent aussi le dessus sur les autres musiciens, notamment sur la chanson « laisse tomber les filles ». Le live nous permet de voir une danse irlandaise sur un son de cornemuse pour la reprise « du lion est mort ce soir », pour donner suite au chanteur arrivant en esclave sexuel sur le son de « Johnny fais-moi mal », « L’aigle noir » version western, ou encore « on a tous dans le cœur » avec un hommage à Metallica, Beruriers Noirs, Motorhead, ACDC, Parabellum, Slayer… Je pense que vous comprenez le style musical et à quel point le live par dans tous les sens pour une prestation juste exceptionnel. Encore une fois, l’Opium du Peuple conquis la foule. 

 

Béa Gillot Photographie
Public © Béa Gillot


Les Bichoiseries sont bientôt fini, et il reste La Piéta. Et pour être honnête, je ne sais pas encore quoi penser du live. Mais je vais d’abord parler du groupe et de ce trio  à la croisé du rap, de l’électro et d’une touche punk. C’est un groupe avec un univers dense et qui nous invitent à le partager. Sous des masques de chats noir ou blanc, les titres de la pietà abordent différents thèmes tel que l’amitié, la sexualité, la famille, le regard que l’on se porte et bien d’autres encore. Des sujets qui peuvent parler à tout le monde, apportés sous le prisme du regard de la piéta et de sa chanteuse. On a pu découvrir des chansons qui font le succès du groupe tel que « la moyenne », « j’aime pas les gens », « il faut » et bien d’autres encore. Ne connaissant pas ce groupe à l’avance, je suis resté perplexe, non pas pour la qualité musicale du groupe, dont j’ai découvert de supers morceaux, mais par la chanteuse qui se veut provocatrice, parfois à outrance. S’agit-il d’un personnage de scène ou est-ce sa vraie personnalité ? Personnellement, la limite était assez troublante, ce qui rendait le live par moment dur à suivre. L’heure tardive qui s’apprête à clôturer le festival n’aide pas, on le voit par la foule qui s’amoindrit, ce qui n’empêche pas la piéta de partager un moment fort avec les survivants de la soirée. En tout cas, je vous conseille d’aller découvrir ce groupe, déjà parce que ce que j’écris est subjectif, mais aussi parce que la piéta a des textes qui méritent de s’arrêter un moment. 

 

En tout cas cette année des Bichoiseries a été juste génial. De base, le cadre est super perdu sur un mont, mais la programmation de cette année avec deux groupes qui faisaient leurs grands retour et des formations de divers horizons ont permis de découvrir ou redécouvrir des groupes, chacune ayant la volonté de nous emmener dans leurs univers, et de nous faire ressortir de là en ayant pris un maximum de plaisir !! 

Par Cédric le 13/08/2018

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