Les Fatals Picards : «L’avantage du public breton, c’est que, même quand il pleut, il reste »

Nous avons démarré notre année de festival le 26 janvier lors du Schmoul. A cette occasion, nous avons rencontré les Fatals Picards quelques instants après la fin de leurs balances. C’est dans une loge aux couleurs de la Bretagne que nous avons interviewé les 4 énergumènes. Ce ne fut pas de tout repos car réaliser une interview des Fatals Picards avant leur concert c’est comme faire une heure de math avec des enfants juste avant les vacances. C’est sport.

 

Info-festival : Comment abordez-vous ce premier concert de l’année 2018 ?

 

Les Fatals Picards : On n’a pas joué depuis longtemps donc c’est vrai que ça change un peu la donne. Pas de stress mais on est excité à l’idée de repartir.

 

IF : Vous avez commencé l’aventure des Fatals Picards depuis 14 ou 18 ans (selon chacun), qu’est ce qui a changé au sein des Fatals Picards depuis vos débuts ?

 

Les Fatals Picards : Tout a changé sans vraiment changer.  Ca a évolué vers quelque chose qui nous plaît bien où tout le monde à son mot à dire. On fait toujours de la musique humoristique. Nous  essayons de faire du rock’n’roll roll qu’on aime bien.  Ce qui a changé c’est l’ambiance générale. C’est passé d’un groupe où un mec décidait en fonction de ce qu’il voulait faire à un truc plus communautariste. On est un peu la ZAD de Notre Dame des Landes à nous même. C’est un bon sujet ça d’ailleurs. On pourrait faire une chanson sur la ZAD, en chantant comme Zaz. (s’en suit une chanson  improvisée qu’on ne peut malheureusement pas vous transmettre)

 

IF : Votre public a changé ?

 

Les Fatals Picards : Il a évolué, il y a des gens qui étaient là, il y a 15 ans et qui ont été remplacés par d’autres. Il y en a qui nous suivent depuis le début. Notre public vieillit un peu aussi. Il y a des gens qui viennent avec leurs enfants qui ont 19 ans maintenant. On aura bientôt les petits enfants.

 

IF : Ca ne vous rajeunit pas…

 

Les Fatals Picards : On est un peu comme Sean Connery, on vieillit bien. Et puis, c’est une fierté de réussir à fédérer des gens de plusieurs générations et de durer dans ce métier. Des groupes qui ont 18 ans en France, il n’y en a pas des masses. (s’en suit une discussion sur les groupes de chansons françaises avec notamment de nombreuses vannes sur Babylon Circus accusé par Jean Marc de n’être qu’un collectif de vendeurs de T-shirt)

 

Les Fatals Picards
Festival du Schmoul © Copyright Delphine Leplatois

 

IF : Qui fait quoi au sein des Fatals Picards ?

 

Les Fatals Picards : C’est un projet de plus en plus collectif. Chacun y met du sien ou le sien de quelqu’un d’autre. On prépare le prochain album actuellement. Moi (Laurent le guitariste) par exemple,  je m’occupe des lettres de A à F, Yves (le bassiste) fait de G à R, Jean Marc (le batteur) est emmerdé car il a X,Y, Z, Paul (le chanteur) ne fait que le T. (et comme à chaque question, ça part en sucette pour 1 minute de blagues.)

 

IF : Comment se fait le choix des titres de la set-list ?

 

Les Fatals Picards : On essaie de changer un peu à chaque fois. Pour ce soir, on a tout changé. Tu mets du temps à définir une bonne track-list efficace. Une fois que tu l’as, tu es bien content parce que ça fonctionne et puis tu changes à nouveau. Il y a des morceaux que le public adore mais nous, on en a marre de les jouer. A l’inverse, il y a des morceaux qu’on aime mais sur lesquels le public n’adhère pas.

 

IF : Sur votre site, c’est écrit que vous êtes à 1232 concerts, quel est l’objectif à atteindre ?

 

Les Fatals Picards : Le truc n’a pas été mis à jour depuis 3 ans. Et puis de toute façon, Internet ça n’existe plus. Une chose est sûre, on ne passera pas les 10 000.

 

 

 

IF : Vous avez provoqué un peu les bretons avec votre titre « A la vie à l’Armor, on va donc passer à des questions spéciales Bretagne..

 

Une estimation du nombre de cons avec un drapeau breton ce soir ?

 

Les Fatals Picards : Curieusement on n’en voit pas tant que ça. Il y en a toujours entre 1 et 10. (NB : confirmé le soir même avec un seul drapeau sur le Schmoul)

 

IF : L’endroit le plus improbable où vous avez vu un drapeau breton ?

 

Les Fatals Picards : Dans notre loge aujourd’hui. Il y en a 3 quand même. Comme on le dit dans notre chanson, on en a vu un lorsqu’on est allé voir un concert de Ramstein.

 

IF : Le meilleur souvenir de tournée en Bretagne ?

 

Les Fatals Picards : Notre première fois aux Vieilles Charrues. Entre Muse et Matmatah. Ca c’est un super souvenir. La première fois qu’on a joué «  A la vie à l’armor », c’était à Quimper lors de la fête de la musique. Il y avait 5000 personnes, il pleuvait mais les gens rigolaient. C’est à ce moment qu’on a vu le plus de drapeaux bretons d’un coup.

 

Les Fatals Picards
Festival du Schmoul © Copyright Delphine Leplatois

 

IF : Souvent on entend dire que le public breton est parmi les meilleurs, est-ce vrai ?

 

Les Fatals Picards : Les artistes qui te disent ça le font pour te faire plaisir. C’est des suceurs. Ils diront pareil du public basque aux médias du coin.  Qui sommes nous pour juger le public ? Le public breton, il est comme les autres. Il faut qu’il se bouge et qu’il se sorte les doigts du cul. Si les gens sautent et chantent, là c’est bien. Il a quand même un avantage. En comparaison avec le public de la Côte d’Azur, quand il pleut, il reste.

 

IF : Au fond, si vous avez fait cette chanson, ce n’est pas un peu par jalousie parce que personne ne connaît le drapeau Picard ?

 

Les Fatals Picards : Non c’est juste que partout où tu vas, il y a un con avec le drapeau breton. (Jean Marc file sur son téléphone pour me montrer le drapeau picard). Il est pas mal en plus le drapeau Picard.

 

Les Fatals Picards seront toujours sur les routes et dans de nombreux festivals en 2018. Pour savoir où, on vous laisse aller jeter un œil sur leur site, leurs pages Facebook et Twitter.

 

 

Par Florent le 27/02/2018

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