Molécule : « Je ne fais pas de la techno comme tout le monde, j’ai toujours été un OVNI »

Molécule

Aux 3 éléphants, nous avons eu le plaisir de rencontrer Romain alias Molécule, un musicien voyageur. Un gros orage éclatait sur Laval au même moment, comme pour nous rappeler qu’on allait interviewer un artiste qui n’a pas peur de lutter contre les éléments. On est revenu sur son séjour au Groenland à l’origine de son dernier album -22°7 mais on a aussi parlé football.

 

Info-festival : Comment tu te sens ? Prêt pour ce soir ?

 

Molécule : Je me sens dans mon élément, je vais commencer à me concentrer petit à petit. J’espère qu’il n’y aura pas de souci météorologique parce que je pense que ça va être cool.

 

Le reste de l’équipe arrive donc on interrompt quelques minutes l’interview pour brancher l’ordi et mettre la finale de la ligue des champions.

 

IF : Ca tombe bien, ma prochaine question était, plutôt Liverpool ou Real ?

 

Molécule : Liverpool, ça serait tellement la classe ! Je déteste le Real...

 

IF : Pour les lecteurs qui ne te connaissent pas, peux-tu présenter ton parcours.

 

Molécule : J’ai sorti mon premier album en 2006 et le dernier « –22°7 » est le 5ème. J’ai énormément collaboré avec des chanteurs car j’ai toujours envisagé la musique avec des collaborations. J’évoluais beaucoup dans le milieu hip/hop à une époque. Du coup mon premier album est entre reggae et hip/hop, une espèce d’abstract hip/hop. Je suis aussi très sensible au dub depuis toujours, je le suis d’ailleurs encore aujourd’hui. Je veux toujours me laisser des portes ouvertes et j’ai toujours était un OVNI, même sur cette scène dub où j’évoluais il y a quelques années. Je ne faisais pas du dub comme tout le monde, aujourd’hui je ne fais pas de la techno comme tout le monde.

 

IF : Comment t’es venue l’idée de partir sur un chalutier et ensuite au Groenland pour composer tes albums ?

 

Molécule : L’idée n’était pas de partir sur un chalutier mais de partir faire de la musique en plein océan et d’essayer de mettre en musique la tempête. Pour effectuer ce type de projet, il faut trouver le moyen de le réaliser et c’est comme ça que je me suis retrouvé sur ce chalutier en 2013, ce qui a donné naissance à « -60°43 Nord ». C’est un album très sonore avec des volumes très importants, les vagues, les moteurs, les activités sur le bateau… Après ce projet, j’avais envie de travailler autour du silence et par associations d’idées, la banquise et le pôle Nord sont arrivés. Je suis donc parti en 2017 dans le village de Tiniteqilaaq avec mes micros, mes machines pour composer mon nouvel album « -22°7 ».

 

Molecule

 

IF : Tu te considères plus comme un musicien voyageur ou un voyageur musicien ?

 

Molécule : Je suis clairement un musicien voyageur car à la base je ne suis pas voyageur.  Je ne pourrais pas faire ce type de projet sans la musique, j’en serais incapable, je n’aurais pas la force nécessaire pour le faire.

 

IF : Tu es parti tout seul ou avec un équipe ?

 

Molécule : A chaque fois, je pars avec un vidéaste pour prendre plein d’images. Dès le début, j’étais convaincu qu’il était fondamental de partager avec le public le contexte dans lequel l’album s’est construit. (voir vidéo ci-dessous)

 

IF : Le meilleur souvenir de ce séjour au Groenland ?

 

Molécule : Ce n’est pas facile car je suis parti un mois et demi donc il y en a énormément. Un des moments forts, ça a été le sentiment de plénitude, de connexion totale avec l’environnement. Etre dans ces paysages et enregistrer le silence au fond du fjord Arià, c’était transcendantal, mystique.

 

IF : Tu es parti sur un chalutier pour enregistrer la tempête, au Groenland ensuite pour le silence, peut-on imaginer un album enregistré dans un endroit chaud ?

 

Molécule : Je débute ma tournée et il y aura un livre qui sortira à la rentrée. Il y a aussi une expérience en réalité virtuelle que j’ai réalisée avec Jan Kounen qui paraîtra à la fin de l’année. Là, je suis totalement investi dans la tournée et tout ce qui se passe autour du projet. C’est super important car c’est une expérience collective qui permet de partager des moments qui donnent de la force pour repartir. L’indice que je peux quand même donner, c’est que ça sera probablement dans un endroit plus chaud et plus sonore.

 

IF : Pour finir, tu tournes pas mal en festival cette année, est-ce qu’il y en a un que tu attends plus que les autres ?

 

Molécule : C’est assez difficile de répondre. Hier on était à Strasbourg et on a eu un super accueil au festival Pelpass que je ne connaissais pas. Il y a deux ans, j’avais fait une date à la Douve Blanche qui est un petit festival et ça avait été génial également. Je me dis donc que chaque date peut-être fabuleuse.

 

On remercie Molécule d’avoir pris le temps de répondre à nos questions mais aussi de nous avoir régalé avec un live encore une fois très solide. On suivra tous ses projets de très près et on vous recommande sérieusement d’aller le voir sur sa tournée.

 

Crédit photo : Gaëlle Evellin

Par Florent le 25/06/2018

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