Nordik Impakt 2017 : Aussi puissant qu’un viking

Nordik

Pour la première fois, nous sommes allés taper du pied au festival Nordik Impackt à Caen. Dès l’annonce des premiers noms, la date était bloquée dans notre agenda. Avec des artistes confirmés comme Vitalic, Manu le Malin, Paula Temple mais aussi des étoiles montantes comme Polo&Pan, Amelie Lens ou encore Leska, la programmation avait tout pour nous faire saliver.

 

Vendredi 20 Octobre

 

Comme à Scopitone, plutôt que d’assister à des bribes de concerts, nous nous sommes concentrés sur certains artistes.

 

Pour démarrer notre week-end, on jette notre dévolu sur la fin du set de Menthine. Entre techno « douce » et influences mélodiques variées, la rennaise entame la soirée de belle manière. Les spectateurs étant encore timides, on a hâte de revoir Menthine devant un public un peu plus conséquent.

 

A 21h45, le Hall of Death commence à se remplir. Et pour cause, Amelie Lens fait son entrée en scène. Avec un set plein de tension et parsemé de drops ravageurs et libérateurs, Amelie Lens ne met pas de temps à conquérir son public. Pour la fin de son show, le hall est bien rempli et l’ambiance monte encore d’un cran grâce une techno sans concession et une énergie communicative. On attendait avec impatience la venue de la productrice belge dans un festival sur lequel on était présent, on n’a pas été déçu. Pas de doute, on comprend pourquoi Amelie sillonne les festivals et les clubs les plus prestigieux d’Europe depuis deux ans.

 

On n’a même pas le temps de boire une bière que Paula Temple est déjà en place. Quel plaisir de retrouver, la productrice anglaise, un an après avoir été renversé par son talent au festival Scopitone. Dès les premiers beats, on est de nouveau saisi et c’est parti pour 1h30 de techno à la fois glaciale et renversante. Le rythme est soutenu et ne retombe jamais. Autant vous dire qu’il faut avoir des jambes pour suivre. Quand la dernière note tombe, on se réveille. Quoi ? Déjà ? On était encore parti très loin dans le voyage électronique proposé par Paula.

 

A peine le temps de s’hydrater que des grondements se font déjà entendre dans le Hall of Fame. C’est l’heure de Vitalic qui vient présenter son show ODC live. On l’a déjà vu plusieurs fois cette année (Solidays, Les Z’éclectiques…) mais on ne s’en lasse pas. Appuyé par un show lumineux phasant, le dijonnais maitrise une nouvelle fois son sujet et nous amène avec lui sur sa planète. Comme à chaque fois, la puissance des beats et les mélodies enivrantes nous enferment dans une bulle sonore qu’on ne souhaite plus quitter. Même si on doit avouer qu’on était encore plus adepte de l’installation lumineuse et des sons plus sombres de VTLZR, il n’y a pas de doute, Vitalic est un des grands messieurs de la scène électronique française.

 

Après avoir enchaîné toutes ses heures de concert, les jambes se font lourdes et le hardstyle de Radical Redemption ou encore la techno brutale d’AZF sont un peu trop violents. On reste un peu écouter la techno du duo allemand Pan-Pot. Une techno pure et puissante comme le font si bien les allemands mais l’énergie manque sérieusement et il est préférable d’aller se reposer pour attaquer le samedi en grande forme. On espère revoir ce duo une prochaine fois.

 

Vitalic

 

Samedi 24 octobre

 

On débute la soirée en beauté avec la fanfare électro MEUTE qui envoie de l’énergie pour nous faire décoller du sol du Hall Of Death où la vie reprend ses droits. Le swing cuivré et les beats electro diffusés par le collectif allemand font encore une fois des ravages. Ils nous avaient mis une claque l’an dernier aux Transmusicales, ils ont réitéré encore une fois.

 

Comme la veille, quand on est scotché par un concert, on n’en bouge pas. C’est le cas avec le live de Monika Kruse. Le charisme, l’élégance et la maîtrise de l’une des patronnes de la techno allemande (avec Ellen Allien) nous emportent pendant 1h15. Avec un set aux influences multiples, Monika Kruse gère parfaitement le rythme de son show pour terminer sur des sons plus hard.

 

Un peu déçu par la prestation trop brute de Marvin and Guy que l’on attendait plus musicale et plus funky, on retourne dans le Hall of Fame pour la techno sans complexe de Umek. Le slovène envoie des mixes percutants et ne fait pas dans la dentelle. Même si on accroche pas mal au début, on finit par se lasser de cette prestation qui manque un peu de diversité et de saveur.

 

A 2h, la pétillante Ann Clue prend place. Comme toujours, l’allemande capte facilement son public avec sa techno colorée et son sourire sincère. On se laisse bercer durant la moitié du concert mais globalement le rythme est trop linéaire et on finit malheureusement par se lasser. (Peut-être l’avons-nous vu trop souvent.)

 

On réclame du rythme, on va être servit puisque dans le Hal of Death, Teddy Killerz balance une drum’n bass déferlante. Ca part dans tous les sens mais les russes maîtrisent totalement la situation. C’est propre et d’une efficacité redoutable. De la bonne drum’n bass comme on n’en voit que trop peu ces derniers temps.

 

La soirée se clôture pour nous avec Helena Hauff. Au Made Festival, l’allemande nous avait complètement charmés au point d’être une de nos révélations de l’année. Ce soir, la première demi-heure de son set contraste fortement avec l’aspect obscure et onirique qui nous avait conquis. Les morceaux sont beaucoup plus consensuels et manquent malheureusement d’originalité. Préférant rester sur la note positive de sa venue à Rennes, nous quittons Helena Hauff et le Nordik Impakt mais on a la certitude qu’Helena nous enchantera de nouveau une prochaine fois.

 

Si le Nordik Impakt a un nom à vous glacer le sang, la chaleur était bien présente devant les scènes du Parc Expo. La programmation a tenu ses promesses et nous sortons très satisfaits de cette première expérience en Normandie où nous avons passé deux très bonnes soirées. On est tombé amoureux de la techno d’Amelie Lens, Paula Temple nous a encore une fois démontré l’étendue de ses talents et Monika Kruse nous a subjugués par sa maîtrise.

 

Pour la photo de Vitalic, nous remercions Grégory Forestier et en bonus vidéo ci-dessous, Amelie Lens vous offre 8h de set non stop.

 

Par Florent le 16/11/2017

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