Une ambiance pachydermique aux 3 éléphants

3 eleph

Les 25 et 26 mai, nous étions à Laval pour le festival Les 3 éléphants. Comme tous les ans, la programmation était aussi éclectique qu’alléchante avec à l’affiche, Vitalic, Rone, Roméo Elvis, Dominique A et bien d’autres. N’oublions pas non plus que le festival des 3 éléphants s’est forgé une grande réputation pour sa programmation d’Arts de Rue.

 

Vendredi 25 mai

 

Quand nous entrons sur le site, la foule a déjà pris place dans l’Arène pour le concert de Dominique A. Le public est nombreux pour écouter la poésie chantée de ce grand nom de la chanson française. Ca se dandine tranquillement en avant-scène sur des mélodies pop/rock. Les spectateurs sont à l’écoute de la voix à la fois rauque et suave du chanteur Ce qui est surprenant, c’est d’avoir l’impression d’assister à un concert intimiste alors que la salle est bien remplie. C’est d’ailleurs là tout le talent de Dominique A.

 

Le rythme accélère un peu sur le concert suivant puisque Russian Circles est sous le chapiteau. Les américains font dans le sombre mais de manière mélodique. Sur scène, une basse, une batterie et une guitare mais pas de voix, la formation est simple mais la musique élaborée. Nous sommes un peu frustrés qu’il n’y ait pas de chanteur pour chauffer un peu le public mais on se laisse porter par ce groupe post métal.

 

On voulait quelqu’un pour chauffer le public et bien on est servi lors du concert qui suit avec Hyphen Hyphen. Santa, la chanteuse et guitariste, est branchée sur 20 000 volts et transmet son énergie et sa folie au public lavallois. Les musiciens non plus ne sont pas figés et suivent le mouvement. Si l’univers est pop sur leurs albums, le live se veut beaucoup plus rock, en témoigne la foule qui jump dans la fosse. Le concert se termine par une explosion de bonne humeur sur le titre phare du groupe niçois « Just need you love ».

 

La soirée bat son plein et nous continuons d’alterner entre Arène et Patio. Sous le chapiteau c’est Maestro qui entre en scène. Avec leur electro/rock très puissant, le trio franco/écossais ne met pas de temps à conquérir son public. Ca cogne pas mal et les mélodies sont hypnotiques pour aboutir à une prestation globale équilibrée. Difficile de faire entrer ce groupe dans une case, on pourrait dire que Maestro propose un mélange d’électro indus et de post punk. En tout cas, c’est une des très belles découvertes de notre week-end.

 

Pour clôturer la soirée, c’est un autre maestro qui entre scène puisqu’il s’agit d’un des patrons des musiques électroniques françaises, Vitalic. S’il a gardé la même installation lumineuse que pour sa tournée « ODC », le dijonnais a changé son set cette année et ne propose pas uniquement son dernier album mais reprend les titres qui ont fait sa renommée. Bien-sûr les sons discos de « Voyager » sont là mais on retrouve aussi les morceaux plus teigneux de « Rave Age ». Ce melting pot montre l’éventail des inspirations du producteur dont les morceaux ont toujours comme base des beats accrocheurs et de notes de claviers ultra planantes. Comme à chaque fois, Vitalic nous fait entrer dans un autre monde, un univers à la fois dark et cogneur mais aussi léger et planant.  C’est sur le ravageur « La mort sur le Dancefloor » que se clôture ce show d’une grande intensité.

 

Hyphen

 

Samedi 26 Mai

 

Il fait beau sur Laval en cet après-midi de mai et les mayennais sont nombreux dans les rues pour profiter des spectacles familiaux proposés. Parmi les représentations, on retiendra celles de la Cie du Petit Monsieur notamment son spectacle « Deux Secondes » (programmé le dimanche) qui a du rappelé des souvenirs à tous les festivaliers qui ont l’habitude du camping. Etaient également au programme, la compagnie Qualité Street dont la réputation n’est plus à faire mais également la Hop Compagnie qui est venu interroger les spectateurs avec deux spectacles à destination des adultes.

 

Après une rencontre avec Molécule dont vous retrouverez l’interview très vite sur notre site, nous entrons dans le patio. L’orage s’est arrêté et les seuls grondements que l’on entend sont les cris du public pour accueillir Moha La Squale. La moyenne d’âges a perdu 15 ans vis-à-vis de la veille et il faut mieux avoir les tympans solides. Le jeune parisien s’est fait connaitre en publiant un titre et un clip par semaine sur Youtube. Il n’a pas mis de temps à trouver son public puisque certaines de ses vidéos ont déjà été vues plus de 10M de fois. Il réchauffe très vite l’ambiance en donnant beaucoup d’énergie sur scène. Les fans reprennent plusieurs des titres en chœur comme « Bandolero » ou encore « Pas comme eux ». Les instrus sont plutôt cool, le flow incisif et l’énergie positive. Il ne faut cependant pas trop s’attarder sur les textes plutôt légers. Cela dit, ces derniers parlent à la jeune génération (désolé on est des vieux c…).

 

On continue dans l’univers hip/hop avec l’entrée en scène de Roméo Elvis. Maillot des reds de Liverpool sur le dos, le belge ne semble pas très content de commencer son concert en pleine finale de Ligue des Champions. Cela ne l’empêche pas de tout donner et la ferveur du public est digne d’un stade chauffé à blanc pour son équipe. Les spectateurs connaissent les textes par cœur et chantent sur tous les morceaux. Le rappeur fait doucement retomber la tension sur le titre « J’ai vu » qu’il a enregistré avec sa sœur Angèle, elle aussi très talentueuse. (D’ailleurs, on vous recommande chaudement d’aller l’écouter si ce n’est pas déjà fait) Malgré la défaite de Liverpool, la dernière ligne droite repart à 100%. Le rappeur détache ses cheveux et enlève son maillot pour terminer encore plus fort. Le titre « Bruxelles arrive » vient clore le show et Roméo Elvis remercie le public lavallois qui a vraiment tout donné.

Nous avions raté son concert aux Transmusicales et toutes les personnes qui nous en avaient parlé nous l’avaient fait regretter, c’est donc avec beaucoup d’enthousiasme qu’on retrouvait Tshegué ce soir. Le groupe d’afro-punk casse les codes et les frontières musicales avec sa musique entre electro, rock et musiques traditionnelles. Avec une énergie et une bonne humeur ultra communicatives, Tshegué nous donne le smile et nous embarque dans des déhanchés chaloupés. Une prestation vivifiante qui vient nous réchauffer dans cette atmosphère humide.

 

C’est l’heure de notre chouchou, Rone, c’est la troisième fois en autant de mois qu’on le voit et c’est toujours avec autant de plaisir. Comme à Panoramas le mois dernier, c’est dans un décor de ville sombre qu’il fait son entrée. Derrière ses lunettes de premier de la classe, se cache l’un des maitres de l’électronica. Comme d’habitude, Rone nous envoie très loin dans l’espace avec les titres mélodieux et accrocheurs de son album Mirapolis. Ça cogne quand même pas mal en début de set avec les titres « Brest » et « Down for the Cause » retravaillés pour le live. En milieu de set, on ferme les yeux et on s’envole dans une bulle, très loin de Laval notamment sur les titres « Origami » et « Parade ». C’est sur le désormais culte « Bye bye Macadam » qu’Erwann vient clore son concert ultra planant. Il faut alors redescendre sur terre. 

 

On était parti loin avec Rone et bien on redécolle très vite avec Molécule. Le producteur qui n’a pas froid aux yeux, ni aux mains, est allé enregistrer les sons de son dernier album « -22°7C » au Groenland. Avec ses captations glaciales, il a enregistré des morceaux qui viennent nous faire danser et nous réchauffer. Romain joue aussi avec ce contraste des températures dans sa tenue puisqu’il est vêtu d’une chemise hawaïenne et d’une casquette… Pour terminer la soirée, on se laisse donc une nouvelle fois porter par des mélodies enivrantes et des percussions accrocheuses. La public est moins nombreux mais reste hypnotisé par la performance. Quel talent !

 

Rone

 

Hormis la mauvaise surprise de voir mon vélo démoli à la sortie du site le samedi, on a passé de très bons moments sur le festival. Le public était au top notamment le samedi soir où l’ambiance était démente. La programmation éclectique a su attirer la foule puisque le festival était bien rempli le vendredi et complet le samedi. Les prestations étaient à la hauteur de nos attentes. Bref on a passé un super festival et on remercie l’orga pour l’accueil ;).

Crédit photos : En haut pour Hyphen Hyphen : ROD MAURICE - En bas pour Rone : Yoan Hautbois

Par Florent le 12/06/2018

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