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Interview : Les Audacieux Festival se raconte
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À 19 et 20 ans, Margot et son cousin Paul se sont posé une question simple : « et pourquoi pas nous ? » Deux ans plus tard, Les Audacieux Festival s’est installé dans le paysage culturel ligérien avec une clarté désarmante. Une soirée, une scène principale, une scène de découverte, une centaine de bénévoles, et une conviction chevillée au corps : l’audace, ça s’attrape. Rencontre avec les fondateur·rices d’un festival pop rock qui grandit sans perdre son âme, à quelques semaines de sa troisième édition, le 13 juin 2026 à Remouillé.
Comment est né Les Audacieux Festival, et qu’est-ce qui vous a donné envie de créer cet événement à Remouillé ?
Les Audacieux Festival est né d’une simple phrase : « et pourquoi pas nous ? » que nous nous sommes posée, mon cousin Paul et moi-même. Après des expériences respectives au sein de différents festivals, nous avions un regard davantage tourné vers le comment faire que vers le rendu. Une envie de challenge, des idées, et huit mois plus tard le festival a vu le jour.
Le nom « Les Audacieux » dit beaucoup de choses. Comment définiriez-vous cette audace au quotidien, dans les choix que vous faites pour le festival ?
Le nom du festival a pris du temps à être trouvé, mais une fois prononcé, c’est très vite devenu une évidence. À tout juste 20 et 19 ans au moment du lancement du projet, il en fallait de l’audace pour créer un festival de musique dans une petite commune, en duo. Ce mot nous caractérisait particulièrement.
Ensuite, il fallait de l’audace à ces entreprises qui ont choisi de croire en ce projet, de nous soutenir pour le concrétiser et de faire confiance à ces jeunes qui osaient. Et à l’ensemble des bénévoles qui nous ont suivis, sans sourciller, sans douter de notre idée . Ils et elles étaient audacieux·ses dans l’âme.
Plus généralement, nous prônons cette idée qu’il faut tenter, quitte à échouer, et si erreur il y a, on apprend et on recommence. Cela se caractérise notamment par notre deuxième scène, plus amateur. Nous choisissons de mettre à l’honneur ces talents, ces voix qui ne sont entendues que par les murs des chambres. L’occasion pour ces personnalités de faire entendre leur voix, de se challenger et d’oser se montrer.
Ce qui revient souvent en parlant de votre festival, c’est la proximité entre artistes, bénévoles et public. Comment vous y prenez-vous concrètement pour cultiver cette atmosphère ?
Je pense que c’est ce qui nous caractérise personnellement, et donc cela se transmet à travers nous. Nous avons grandi dans une grande famille où les moments conviviaux étaient nombreux, solidarité, entraide et rires font partie de nous. Avec nos ami·es et notre famille qui constituent nos bénévoles, nous avons créé une grande famille des Audacieux, et toutes ces personnes nous ressemblent. Motivées par le bon accueil, le service à l’autre, l’entraide et la bonne humeur.
Quand des équipes extérieures arrivent sur site, elles sont bien accueillies, et tout est pensé pour elles : le parcours festivalier comme le catering techniciens ou les loges artistes. C’est généreux, bon enfant, et à la fois professionnel, car nous appliquons les schémas que nous avons vécus dans nos expériences de grands festivals.
Le 13 juin, quelle sera l’ambiance générale de cette édition ? Y a-t-il un fil rouge, une intention particulière qui a guidé vos choix cette année ?
Chaque année, nous aimons faire voyager le public dans un nouvel univers, une histoire à raconter le temps d’une soirée.
Cette année, retour aux origines du pop rock et direction l’Amérique, sur les kilomètres de la célèbre Route 66. Liberté, ouverture et nature s’entremêlent. Dans ce voyage embarqueront les audacieux·ses qui oseront s’y aventurer. Nous aimons la liberté créative, le côté brut de l’aventure et l’univers grungy qui s’en dégage. On peut aussi bien être en voiture cheveux au vent, qu’à cramer dans le désert ou à déguster un bon burger au détour d’un dîner original.
Archimède, Maheva, Dust Lovers, Poppy Time, Fever Sparks… Comment avez-vous composé cette affiche ? Qu’est-ce qui vous a séduits dans chacun de ces projets ?
L’année dernière, nous étions sur une programmation assez rock, donc cette année nous avions envie d’aller vers quelque chose d’un peu plus pop. Les groupes, on les a découverts soit via des propositions par mail, soit en fouillant sur Instagram. Et surtout, on a choisi des projets qu’on aimait vraiment musicalement. Les échanges avec les groupes et les bookers ont aussi beaucoup joué. Quand c’est fluide, ça facilite les choses.
Pour cette partie programmation, deux personnes sont responsables, Paul et Tania, qui font une première sélection avant de la soumettre au reste de l’équipe. Ensemble, nous échangeons et créons une programmation qui nous parle et qui soit multigénérationnelle. Nous aimons le fait de pouvoir avoir des groupes qui plairont à tous. C’est pourquoi nous mixons propositions francophones et anglophones, jeunes artistes et plus confirmés.
Nous cherchions aussi une tête d’affiche, des noms que le public connaît. C’est ce qui nous a poussé à choisir Archimède et Maheva. Et il y a toujours une question de budget qui entre en jeu. Enfin, nous faisons une place aux artistes des territoires voisins. Seule exception cette année : Maheva, originaire de Toulouse, dont la personnalité, la musicalité et la fraîcheur nous ont séduits. Et nous ne pouvions nous en passer.
La scène secondaire accueille Lovan, Mathieu, Capucine et Lola. Quelle place tient la découverte des talents émergents dans l’ADN du festival ?
Paul, notre président, a toujours fait de la musique et a fait partie d’un groupe de rock il y a quelques années. Entouré·es d’un cercle issu de ce milieu, nous connaissons la difficulté des artistes à se faire une place dans ce secteur. Ainsi, nous aimons l’idée de pouvoir servir de tremplin musical à de jeunes artistes et groupes émergents.
La scène secondaire a été pensée dans un premier temps pour offrir une expérience musicale en continu pendant les interludes de la première. En cherchant autre chose que des groupes, l’idée nous est venue de pousser ces voix timides à oser. En solo ou en duo, ces jeunes talents se challengent. Et qui sait, si une vocation se crée, vous pourriez les revoir sur la scène principale dans quelques années…
Au-delà de la musique, qu’est-ce qu’on peut vivre sur le festival ?
Pour profiter en continu, des espaces bar et restauration sont disponibles sur l’ensemble de la soirée, avec des cartes qui évoluent encore cette année : burger en nouveauté côté restauration, cidre et limonade ajoutés au bar.
Pour garder un souvenir, un espace merch permet de repartir avec le t-shirt de l’été ou les collections de vos découvertes musicales.
Et pour commencer l’été comme il se doit, notre coiffeur-barbier Albert revient cette année pour une coupe en direct live !
Un festival comme le vôtre repose beaucoup sur l’engagement humain. Combien de bénévoles mobilisez-vous, et qu’est-ce qui les fait revenir d’une édition à l’autre ?
Du montage du jeudi soir jusqu’au lundi suivant, c’est une centaine de bénévoles qui sont mobilisé·es. Certain·es uniquement sur le montage, d’autres sur le temps fort de la soirée. Tous et toutes sont considéré·es de la même manière. Nous leur offrons un t-shirt unique de l’édition ainsi que l’accès à un espace réservé pendant le festival.
À vrai dire, nous n’avons pas eu de difficultés à les trouver, car il s’agit surtout de notre famille, de nos ami·es respectif·ves ou de l’entourage proche. Et un événement de ce type dans une petite commune crée vite de l’engouement. Les habitant·es proposent facilement leur aide selon leurs disponibilités. C’est bateau mais pourtant vrai : sans eux et elles, nous ne pourrions rien faire. La première édition a été pensée par deux personnes mais a vu le jour grâce à cinquante.
Vous êtes très attaché·es au local. En quelques mots, qu’est-ce que cela change concrètement ?
Cela change beaucoup. Au moment du lancement, nous avons d’abord réfléchi à la date pour ne pas entrer en concurrence avec un événement local existant. Dans le milieu associatif, l’entraide est essentielle, et partager le calendrier, c’est aussi pouvoir compter sur les autres. Concernant les partenaires, nous choisissons de collaborer avec des entreprises que nous connaissons, pour créer une vraie relation. Et d’un point de vue pratique, le local, c’est moins de distance, plus de réactivité. Nous faisons le choix de faire profiter de l’économie que nous créons les entreprises de proximité plutôt que des structures anonymes.
Qu’est-ce que vous souhaitez que les festivalier·ères emportent avec elles et eux en quittant Remouillé le 13 juin au soir ?
Nous souhaitons qu’ils et elles repartent avec de nouveaux titres dans leurs playlists, des souvenirs plein la tête avec leurs proches, des rencontres et des re-rencontres. Car oui, aux Audacieux, on peut recroiser une copine d’enfance, un voisin, un camarade de classe ou un vieux cousin. On veut des voix cassées à trop chanter et des courbatures à trop sauter. Des zygomatiques qui chauffent à trop rire et des pellicules trop pleines de souvenirs capturés.
Et surtout, qu’ils et elles notent dès la sortie dans leur agenda la date de la prochaine édition ! Ah, et aussi, emportez nos t-shirts pour faire vivre Les Audacieux pendant vos vacances.
Où en est le festival dans son évolution ? Imaginez-vous grandir, et si oui, dans quel sens ?
Cette année, la troisième édition se veut consolidatrice. Pas de grande nouveauté sur le format, nous consolidons ce que nous construisons, avec un objectif de jauge pleine et une communication plus importante pour y parvenir.
Pour l’avenir, oui, il y a des perspectives d’agrandissement. Nous souhaitons pouvoir accueillir davantage de monde (aujourd’hui limités à 1 350 personnes) et le format comme le contenu divertissant pourront évoluer. Le tout dans une volonté de garder le festival familial, à taille humaine, et sans brûler les étapes.
Si vous deviez convaincre quelqu’un qui hésite encore à venir en 2026, que lui diriez-vous ?
Qu’avez-vous à perdre à profiter d’une soirée de concerts pop rock avec vos proches ? Rien ! Alors soyez audacieux·ses et venez découvrir.
Les Audacieux Festival – 13 juin 2026 – Remouillé (44)
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