- May Zarkout
Festival Beauregard 2025 : week-end live au château
Un week-end live au château entre concerts en plein air, surprises scéniques et annonces d’albums : Beauregard 2025 a rassemblé un public éclectique autour d’une programmation majoritairement anglophone, avec son lot de nouveautés, de retours attendus et de shows marquants.
Un cadre singulier
Le Festival Beauregard se déroule dans un environnement naturel, entre grands arbres et château classé. Ce dernier se distingue surtout à la tombée de la nuit, quand des jeux de lumière viennent redessiner sa façade. Deux scènes installées face à face rythment les allers-retours du public, une configuration qui dynamise les déplacements mais aussi nous maintient constamment au milieu de la foule.
En plein cœur du site, on retrouve un espace prévention bien pensé, notamment autour de l’éducation sexuelle. Les stands, boutiques et sponsors sont bien visibles, intégrés au parcours. Public varié, toutes générations confondues. Un bémol : aucune info visible pour l’espace presse. À notre grande frustration, on découvrira trop tard qu’il fallait se rendre au « CL » (coin logistique). Une première pour nous… on s’y fera !
Et parfois, le décor s’anime : des personnages (ou tableaux) costumés façon Renaissance déambulent entre les festivaliers, en silence ou en discussion étrange. Une touche décalée qui surprend et amuse.
Nouveautés, exclus et retours attendus
Cette édition a été marquée par de nombreuses annonces : sorties d’albums, morceaux inédits et nouveaux projets scéniques ont ponctué le week-end. De jeunes artistes se sont affirmés, tandis que d’autres revenaient à Beauregard avec des shows renouvelés. Une édition dense et contrastée, entre découvertes, valeurs sûres et expériences live inattendues.
Le week-end à Beauregard s’annonce plutôt “Beauwergard”. La majorité de la programmation était anglophone cette année.
Bloc Party : le live qui réveille
Le week-end commence fort avec Bloc Party. L’énergie est là, la voix de Kele Okereke est reconnaissable entre mille. Dès “She’s Hearing Voices” et “Hunting for Witches”, le public commence à se lâcher. Le vrai décollage arrive avec le looper sur “Mercury” : ambiance électrique, premiers slams. “Banquet” fait remonter les souvenirs, puis “One More Chance” joue la carte romantique, porté par le public. Final en beauté avec “Helicopter” : tout le monde danse.
The Last Dinner Party : une direction artistique marquée, gênée par le son
The Last Dinner Party confirme sa singularité scénique avec un univers glam et théâtral assumé. Abigail danse sans relâche, totalement portée par l’instant, et s’adresse au public en français avec naturel. Le concert démarre fort avec “Burn Alive”, suivi par des titres plus récents comme le très rock “Big Dog” ou “Second Best”, porté par les quatre voix du groupe en parfaite harmonie.
Mais un défaut technique vient perturber l’écoute : comme sur d’autres concerts du week-end, la qualité du son est inégale, avec des saturations marquées dès que les aigus montent. Cela se fait particulièrement sentir ici, car les morceaux du groupe reposent beaucoup sur l’équilibre vocal entre les chanteuses. Ce souci rend l’ambiance moins fluide et empêche parfois de profiter pleinement de la richesse des arrangements.
Le set reste intense, notamment avec la chanson albanaise “Gjuha”, qu’elles écourtent avant d’enchaîner avec “Sinner” puis le final très attendu sur “Nothing Matters”.
The Black Keys : efficacité américaine
À 23h30, place aux poids lourds. The Black Keys débarquent avec un show calibré. Petite frayeur au début : pas de son sur “Your Touch”… mais l’équipe rattrape le coup. Dan Auerbach et Patrick Carney jouent côte à côte, batterie en avant. Une formation rare, efficace. Le set enchaîne les morceaux cultes (“Wild Child”, “On the Road Again”) et les nouveautés (“No Rain, No Flowers”). Le jeu de scène est pro, la scénographie aussi, mais les interactions sont rares. Un “Thanks” par-ci, un changement de guitare par-là. Le public en redemande, même si tout est un peu trop lisse.
Kompromat : électro sans détour
Le duo Kompromat, Vitalic et Rebeka Warrior, enflamme la nuit. Derrière eux, des formes abstraites dessinent vaguement un “K”. Rebeka joue avec le public, Vitalic l’accompagne avec puissance. Leur alchimie fonctionne à fond, notamment sur “Auf immer und ewig”, où Rebeka se jette dans la foule, galipette comprise. Mention spéciale pour “La mort sur le dancefloor”, claque visuelle et sonore.
Jyeuhair : retour en force
Début de la dernière journée avec Jyeuhair, remarqué dans “La Nouvelle École”. Déjà passé par le tremplin du festival en 2019, il revient en force, entouré de ses amis et danseurs. Tous en tee-shirt blanc et jeans, ils balancent des hymnes comme “Quoipourquoi” ou “Ciel”. Moment fort : il invite un jeune fan sur scène pour chanter avec lui “Misaotra”. Instant sincère, et grand frisson.
Wet Leg : une drôle de créature sur fond d’indie pop
Le duo anglais Wet Leg est désormais cinq sur scène. Derrière eux, une créature, mi-humaine mi-monstre, aux sourcils froncés s’anime, seul son regard bouge. L’ambiance est à la fois fun et étrange. Leur nouvel album “Moisturizer” est à l’honneur avec “Davina McCall” ou “Catch These Fists”. Un “One, two, three” de Rhian, puis elle hurle soudainement : contraste total avec leur rock pop habituel. Les classiques “Wet Dream” et “Chaise Longue” sont bien là aussi, repris par la foule.
Fontaines D.C. : ascension confirmée
Les Irlandais de Fontaines D.C. étaient attendus. Dès l’intro d’“In Heaven”, le public est happé. Grian Chatten prend place, sobre et concentré. Sur scène, leur logo, un cœur allongé au visage triste, se mêle aux formes et couleurs saturées. Leur set hypnotique enchaîne les titres : “The Boys in the Better Land”, “Starburster”, “Jackie Down the Line”. On s’attendait à plus de rage, mais c’est une énergie douce et intense à la fois qui se dégage avec une sensation de grande volupté sur leur “Desire”. Leur présence impressionne, les imaginant déjà comme un futur grand groupe.
Clara Luciani : le public en chœur
Clara Luciani rayonne. Elle commence avec “Courage”, puis enchaîne les tubes que tout le monde connaît : “Tout pour moi”, “Ma sœur”, “La Grenade”. Elle glisse aussi une belle reprise en français de “La Baie” de Metronomy. Son show rassemble et touche, tout simplement.
Martin Garrix : bouquet final
Pour conclure ce week-end de live, Martin Garrix sort l’artillerie lourde. Lasers, lance-flammes, électro qui tabasse : le public est en feu. Une fin de festival intense, rythmée, qui reste dans les esprits.
Une édition dense, malgré quelques accrocs
Entre nouveautés artistiques, retours marquants et découvertes scéniques, cette édition 2025 du festival Beauregard aura une fois encore proposé un programme riche et éclectique. Si l’expérience globale reste positive, quelques points d’organisation ont pu surprendre : un espace presse difficile à localiser, une gestion sonore parfois perfectible… mais rien qui n’ait entamé l’envie de profiter de la programmation dans ce cadre unique.
Merci au festival Beauregard.
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