- Info Festival
Les Trans Musicales 2025 : deux nuits intenses au Parc Expo de Bruz
Table des matières
Vivez deux nuits intenses au Parc Expo de Bruz lors des Trans Musicales 2025 : concerts, découvertes et énergie sans répit à Rennes.
Chaque année, en décembre, l’attente monte. Les Trans Musicales s’annoncent comme le dernier rendez-vous d’une année musicale, celui où chaque instant vibre d’une émotion particulière. Jusqu’au bout de la nuit, dans chaque hall, une découverte nous attend. Cette année, nous avions les yeux plus gros que le ventre : trois soirées prévues, finalement condensées en deux nuits intenses. Deux nuits d’errance de hall en hall, où les âmes se croisent, où l’on tombe sur des connaissances, des ami·e·s qu’on n’aurait jamais pensé croiser là, où les découvertes s’enchaînent sans répit.
Le rituel commence invariablement : les bus nous livrent du centre de Rennes jusqu’au Parc Expo de Bruz. Premier arrêt sur l’espace food trucks, majoritairement végétarien, avec cette touche inattendue pour les audacieux : des huîtres. Nous sommes en Bretagne, après tout.
Jeudi 5 décembre : de l’electro wave au rock déchaîné
Martin Dupont ouvre les hostilités. Voltige electro, brume colorée, flow wave qui s’insinue dans les corps. L’immobilité devient impossible. À la tête du groupe, Alain Seghir — chirurgien de profession, musicien par passion — irradie sur scène et déverse cette énergie sur un public conquis d’avance.
L’ambiance grimpe encore avec Sugar Tantantine, épaulé·e par deux danseuses qui déploient une atmosphère massive autour des classiques du hip-hop et du RnB. Les twerks s’enchaînent, l’invitation devient totale : bouger son corps n’est plus une option.
Puis surgit Obongjayar — electro, afrobeat, hip-hop. La tête d’affiche se révèle bête de scène dès les premières secondes. Il improvise, dialogue avec ses musiciens dans une communication permanente. Chaque séquence devient unique, brûlante. L’énergie se propage, nous transforme en « sexy dancers » le temps d’un instant de transe collective, avant de nous inviter à ralentir — chose qui semblait impensable dans un live aussi puissant. Nous étions prêt·e·s à le suivre jusqu’à l’aube. Son morceau « Prayer » suspend le temps : douceur, beauté, un véritable coup de cœur qui nous étreint avant que le rock déchaîné ne reprenne ses droits.
Direction la Greenroom, cet espace où l’on pourrait se perdre, oublier sa liste d’artistes soigneusement établie, emporté·e par la seule force du lieu. Face à nous : Takkak Takkak, duo indonésien et japonais qui mixe les genres à pleine puissance. Nous l’avions déjà entendu, nous attendions un concert presque méditatif, entre électro et métal, empreint de mystère. Le live nous laisse perplexes : deux artistes d’une intensité rare qui nous maintiennent dans un mystère opaque, une musique difficile à saisir, à déchiffrer, qui exigerait une oreille plus éduquée, un autre mode de lecture.
La transition s’opère en douceur avec CCL à la Greenroom : un début mélodieux qui monte crescendo dans une ambiance de club berlinois. Irrésistible. Difficile de s’en arracher, et pourtant le live de Camion BipBip démarre déjà. Les fans affluent, la scénographie se met en place. Un camion rose trône au fond, arborant le nom du groupe. Ielles lancent leur show, leurs chorégraphies, un rythme dansant et salutaire, des paroles fortes et engagées portées par leurs mouvements. Ielles n’hésitent pas à choquer pour faire passer le message, le tout dans une ambiance festive et joyeuse. Le lien qui les unit se révèle familial, leur coordination confine à la magie.
Retour au Hall 8 pour Mandrake Handshake. Atmosphère seventies, les cubes lumineux au-dessus de la scène prennent un sens nouveau et nous projettent dans l’imaginaire du rock psychédélique : évasion et hippie feeling garantis. Ils sont au moins huit sur scène à jouer avec une légèreté qui se moque des conventions. Le bien-être règne, la décontraction aussi — même si cela signifie parfois rester en slip sur scène.
Vendredi 4 décembre : entre expérimentation et puissance méditerranéenne
Descartes a Kant se produit devant un hall bondé. Des musicien·ne·s quasi robotiques occupent la scène, délivrant des riffs incessants, stridents, une voix qui perce. Des images défilent en rétroprojection sur ce qui semble être un drap accroché dans un coin de la scène. Au centre fume un ancêtre d’ordinateur. Le public, presque figé, semble à la fois intrigué et subjugué par le spectacle qui se déroule sous ses yeux.
Changement d’univers radical avec Domenique Dumont, qui intrigue par sa musique funk electro dub et bascule l’atmosphère vers une élégance douce. Arturs Liepins et la chanteuse Anete Stuce se tiennent côte à côte, parfois une guitare apparaît dans les mains d’Arturs. Tout est volupté, c’est dansant, entraînant. Jamais lassant.
My First Time ramène une énergie rock post-punk à l’anglaise et nous transporte dans un décor mental peuplé de bus rouges à impériale, de cabines téléphoniques et de drapeaux Union Jack. Le chanteur s’aventure même dans le public, abolissant la frontière entre scène et fosse.
Cap vers la Méditerranée avec La Niña : puissance du sud, sonorités presque médiévales qui se marient aux castagnettes. En arrivant au Hall 8, nous le trouvons déjà complet, difficile de se frayer un passage. Nous aurions peut-être été plus à l’aise au Hall 5. Qu’importe : il fallait voir La Niña à l’œuvre. Performance vocale incommensurable qui valse entre chants rythmés et passages flamenco, presque rappés.
La soirée se clôture avec Debasement au Hall 5, qui apporte une belle énergie. Le hall n’affiche pas complet, nous nous attendions peut-être à plus de monde. Des sphères lumineuses montent et descendent au-dessus de nous, créant une atmosphère singulière.
Deux nuits aux Trans Musicales : l’exigence de la découverte
Ces deux nuits au Parc Expo de Bruz rappellent pourquoi les Trans Musicales demeurent un repère indispensable dans le paysage musical français. Ici, on ne vient pas retrouver ses habitudes : on vient se laisser surprendre, bousculer, dérouter. D’un hall à l’autre, on passe d’un afrobeat déchaîné avec Obongjayar à des sonorités méditerranéennes avec La Niña, puis à l’univers déroutant de Descartes a Kant. Parfois on adore, parfois on cherche encore à comprendre… mais c’est précisément ce qui fait la force du festival : il nous pousse à écouter autrement.
Cette curiosité partagée, celle d’un public qui accepte d’être déstabilisé, permet aux Trans Musicales de tenir leur cap depuis quarante-sept éditions : offrir une scène à celles et ceux qui n’ont pas encore écrit leur histoire. Cette année, le festival a également accueilli la cérémonie de clôture du parcours ouest 2024-2025 de la Convention des Entreprises pour le Climat, réunissant cinquante-neuf entreprises engagées à repenser leur modèle d’ici 2035, en tenant compte du vivant et de nos limites planétaires.
Les Trans Musicales restent ce rendez-vous de fin d’année où l’on vient chercher l’inattendu, parfois même l’incompréhensible, mais toujours avec appétit. « Nouveau depuis 1979 » : le festival reviendra du 2 au 6 décembre 2026, prêt une fois encore à déplacer nos repères musicaux.
Merci Sandra ! À tous les bénévoles et l’organisation des Trans Musicales pour votre accueil
Nous suivre
Casquette Info Festival - Broderie
À l'affiche
Parce qu’ils ont choisi de booster leur visibilité, on leur offre la scène qu’ils méritent.






