- May Zarkout
Retour sur Les 3 Éléphants 2025, le festival à Laval qui repense son format
Le festival Les 3 Éléphants s’impose comme un rendez-vous intergénérationnel incontournable en plein cœur de Laval. Fidèle à son identité, l’édition 2025 a de nouveau allié musique actuelle et arts de rue avec finesse, proposant une programmation foisonnante pensée aussi bien pour les enfants que pour les adultes.
Les 3 Éléphants 2025 : entre nouveautés, transmission et défis
Au fil des années, l’équipe a développé un vrai talent pour investir les lieux : chaque scène s’implante dans un espace à l’ambiance singulière, souvent intime, où l’architecture lavalloise joue un rôle central.
Mais tout n’a pas été simple. Yann Bieuzent, futur ex-directeur du festival, a confié que l’espace payant n’a pas atteint l’objectif fixé de 7 500 personnes sur la place Hercé. Un nouveau défi attend donc les organisateurs en 2026, avec un déménagement prévu au Square de Boston, toujours à Laval.
Une fréquentation globalement stable
Entre concerts gratuits et payants, l’édition a rassemblé entre 35 000 et 38 000 personnes sur quatre jours. Un chiffre satisfaisant, bien que le bilan financier accuse un déficit compris entre 80 000 et 100 000 euros. Véronique Lecomte, co-présidente de Poc Pok, évoque un sentiment d’avoir « fait le tour » de la formule actuelle, laissant entendre une volonté de renouvellement.
Malgré ces tensions budgétaires, la programmation a su séduire un large public. La diversité des artistes a permis de belles découvertes partagées entre les générations.
Temps forts du vendredi
Clara Ysé a ouvert le bal sur la scène du Patio. Sa voix lyrique, teintée d’influences orientales, a charmé les festivaliers les plus attentifs. Ses transitions parfois abruptes entre les morceaux n’ont toutefois pas freiné l’enthousiasme du public.
Plus tard, le Patio s’est rempli pour accueillir Théodora, une artiste qui bouscule les codes. Entourée de deux danseuses et de son frère aux platines, elle a livré une performance explosive de 45 minutes, annonçant au passage la sortie d’une nouvelle mixtape prévue le 30 mai, en collaboration avec Jul.
Côté restauration, une belle surprise attendait les curieux près de la scène du Club. L’équipe de Kitchen Talks, concentrée et discrète, proposait un kebab vegan dont les bénéfices étaient reversés au Planning Familial. Préparé à base de seitan, ce sandwich savoureux et généreux a rapidement conquis les papilles.
Sur la scène de l’Arène, Yodelice a pris tout le monde de court avec une prestation solo puissante, entre électro et rock, loin de son image d’auteur-compositeur acoustique. Vêtu de noir, le regard intense, il a livré un set dense et captivant.
Au Club, l’énergie brute de Landrose a secoué le public. David Temprano, déchaîné derrière sa batterie, a livré 45 minutes d’un set noise-punk radical, ponctué de slams et de pogos. Sa timbale trônait au milieu de la foule comme un trophée.
Samedi, entre douceur et montée en puissance
Le samedi a démarré tout en délicatesse avec Solann, sur la scène du Patio. Artiste complète, à la fois touchante et théâtrale, elle a proposé un moment suspendu, parfois trop feutré pour un public en quête de sensations plus directes.
À l’Arène, Wallace Cleaver a marqué les esprits par sa proximité avec le public. Dans un décor recréant un salon familial – frigo, piano, batterie dissimulée dans le mobilier – il a livré une prestation sincère et émotive. Une grande première en festival pour cet artiste qui n’a pas hésité à ouvrir une fenêtre sur son univers personnel.
Le Club a clôturé la soirée avec Bonne nuit, un duo vendéen à l’énergie débordante. Leur électro pop acidulée et leurs punchlines bien senties ont dynamisé la foule. Un moment fort du concert : une dédicace piquante adressée à la présidente de région, critiquant les coupes budgétaires qui fragilisent associations, culture et initiatives locales.
En route vers 2026 : un virage assumé
La volonté de faire évoluer le festival est manifeste. Cette année, l’équipe a dû composer avec une baisse significative du budget : une réduction de 80 000 €, soit 5 %, causée en grande partie par les subventions régionales en baisse, alors que les cachets des artistes continuent de grimper.
Pour 2026, pas question de sabrer davantage dans les moyens. L’ambition est de renforcer le lien entre musique et arts de rue, en repensant l’organisation spatiale du festival. L’objectif : faciliter les déplacements, mieux faire cohabiter les propositions artistiques et fluidifier les parcours des festivaliers.
Les 3 Éléphants misent avant tout sur leur ADN : un subtil équilibre entre gratuité et billetterie, une forte implication des bénévoles, et une recherche active de nouveaux partenariats locaux pour diversifier les financements. Une chose est sûre, le festival continue d’écrire sa propre histoire avec intelligence, passion et ancrage local.
Merci au festival Les 3 Éléphants.
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