- May Zarkout
Le Rêve de l’Aborigène : un festival à part, engagé et bienveillant
Le Rêve de l’Aborigène a tenu ses promesses : un festival engagé et bienveillant, entre musiques acoustiques, rencontres et grand air.
Une expérience rare au croisement des cultures
Au milieu de cette foule de festivals, Le Rêve de l’Aborigène cultive sa propre manière de faire. Il invite les festivaliers·ères à découvrir les cultures autochtones à travers la musique, la danse, les conférences et des ateliers ouverts à tous, petits et grands. On y parle médecine ancestrale, rythmes traditionnels et pratiques holistiques, dans un espace vaste et naturel, pensé pour accueillir jusqu’à 8000 personnes en toute fluidité.
Des artistes y circulent librement, les échanges sont spontanés. L’Occident rencontre les traditions aborigènes, dans un cadre respectueux de la nature et des valeurs portées par les peuples premiers.
Un parti pris fort : un festival sans alcool
Le Rêve de l’Aborigène fait un choix peu courant dans le paysage des festivals : aucune vente d’alcool sur le site. Ce positionnement, à la fois social et politique, est cohérent avec les luttes et réalités des peuples autochtones, marqués par les effets destructeurs de l’alcool apporté par les colonisations.
Et pourtant, l’ambiance est belle, sincère et paisible. Ce cadre permet une expérience plus consciente, plus inclusive, où chacun se sent en sécurité. Familles, enfants, personnes en fauteuil, chiens : tout le monde trouve sa place. Les enfants jouent librement, les chiens sont acceptés, les déplacements sont simples et fluides.
Une autre manière de consommer… et de vivre ensemble
Tout est pensé pour respecter l’environnement : un four artisanal, des petits-déjeuners maison, des tisanes cueillies sur place, des frites cuites au feu de bois avec une mayo maison. Les stands proposent des objets uniques, fabriqués à la main : instruments traditionnels, bijoux, accessoires, glaces bio aux saveurs étonnantes.
On discute avec les artisans, on découvre leur savoir-faire. Certains visiteurs participent à des ateliers sensoriels avec casque audio et lumière, guidés à travers le festival comme dans une forêt d’histoires.
Des ateliers gratuits pour le corps et l’esprit
Sur l’espace “Relax’Action”, le bien-être et la musique sont au centre, avec des ateliers pensés pour explorer leurs effets sur le corps. Massages, découvertes sonores et moments de détente sont proposés gratuitement aux festivaliers. Sur le site, on croise aussi des jeux pour enfants, un atelier de forge pour apprendre à créer ses propres outils… Une vraie parenthèse apaisante, ouverte à toutes et tous.
Les temps forts du vendredi soir
- Révülés Doromb Trio (Hongrie) : un mélange puissant entre musique traditionnelle orientale et modernité. Leur usage de la guimbarde crée des effets proches de l’électro, ce qui séduit un public jeune et curieux. Une performance dansante, festive et pleine d’énergie.
- Gerege (quartet mongol) : une formation basée en République Tchèque qui mêle jazz, folk et traditions mongoles. Vièle cheval morin khuur, luth tovshuur, percussions et Khöömii, chant de gorge se répondent dans un concert hypnotique sur la scène des Cèdres.
- Dhinawan (Australie) : une prestation qui mêle danse, didgeridoo et transmission culturelle. Il partage avec humour et fierté des mots de sa langue natale, accompagne le bourdon de son didgeridoo avec des mimes des animaux, fait participer le public… jusqu’à inviter 4 membres du public sur scène à suivre les pas de danse des membres de sa famille.
- Umanaya (France – Suisse) : un concert débuté par une méditation collective, pour mieux libérer les corps en danse extatique. Handpan, beatbox, guitares, hulusi, guimbarde : un voyage sonore intense et organique. Le concert s’achève sur leur morceau “Umanaya”, chanté à l’unisson avec le public. En quittant la scène, le groupe nous laisse fredonner leur chanson. Comme un au revoir suspendu.
- Ottilie [B] : chaque soir se termine par l’appel au rêve. Le vendredi, l’artiste multi-instrumentiste clôture la journée en solo, avec un moment entre chant, électro et poésie. Une performance inspirée, délicate, parfaite pour rejoindre la nuit.
Le mot de la fin… ou presque
Le Rêve de l’Aborigène s’est déjà terminé. Rendez-vous l’année prochaine pour un nouveau décollage. Petit conseil pour les futur·es rêveur·euses : prévoyez de la patience à l’arrivée. La file pour accéder au parking est longue. Pour être là à l’heure d’ouverture, il faut viser large… très large. Une heure d’avance ? Essayez deux. Après, l’attente s’étire.
Merci au festival Le Rêve de l’Aborigène et Cédric pour cette invitation
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