- May Zarkout
Ultra Vomit au Foreztival : du metal pointu, de l’humour gras
Ultra Vomit, c’est du metal pointilleux, de la parodie et surtout une bonne dose d’autodérision. Au Foreztival, on a partagé vingt minutes avec Manard (batterie et chœurs), Matt (basse) et Fetus (guitare, chant). Une discussion à l’image du groupe : décalée, solidaire et pleine d’énergie. À tel point qu’ils finissent parfois les phrases les uns des autres. Entre philosophie du collectif, secrets de composition, virages artistiques depuis 2004 et une petite masterclass de Fetus sur le mot shitstorm à la fin de l’échange, retour sur la vision d’Ultra Vomit.
IF : Chacun·e interprète votre musique. Mais au fond, est ce qu’il y a une réelle volonté de transmettre un message à travers votre humour ?
Manard : Le message à travers notre humour, je pense, c’est qu’il faut se marrer.
Matt : C’est souvent très frontal.
Fetus : Il y a toujours une volonté de débrancher. Tu rentres dans le concert, tu débranches ton cerveau. La base pour un artiste, c’est d’arriver et de passer des messages. Ça peut être n’importe lequel. Là, le message, c’est qu’il n’y en a pas. Je pense que quand on voit tous les autres groupes faire ça, il y a toujours une envie d’aller à l’inverse. Quelque chose d’enfantin, de puérile.
C’est hyper anxiogène d’allumer sa télé, de voir des infos tout le temps. Quand on va être là, c’est un moment de vas-y on se marre. On rentre en transchamanique sur du caca et ça va être le moment où on oublie puis après, peut-être, on reviendra au quotidien chiant.
Manard : Trump a envoyé des sous-marins nucléaires en Russie.
Fetus : Les sujets comme ça on va pas en parler sur scène, sur nos morceaux. On va ramener à l’essence de ce qu’on est c’est à dire des animaux.
Manard : T’as vu le prix de l’essence ?
Fetus : Ce qui nous empêche pas de parler entre nous de trucs sérieux, mais sur scène et nos albums, on n’a pas envie d’évoquer des trucs chiants, enfin sérieux. C’est vraiment pas la place d’Ultra Vomit. On a envie d’y aller, parce qu’il n’y a pas beaucoup de groupes comme nous.
If : On ne s’y attend pas, il n’y a pas de message on a juste envie de déconnecter. Comment interprétez-vous cet effet de surprise ?
Fetus : Ça me fait marrer d’imaginer une musique que t’écoutes et tu te dis c’est solide. C’est bien fait et tu ne comprends pas les paroles. Il y avait une pub comme ça qui avait été faite pour des cours de langue anglaise. Ils sont là « Suck my dick» dans la voiture avec toute la famille et c’était marqué cours d’anglais. Et à ce moment-là, ça a été une révélation pour Ultra Vomit. Tu embarques les gens dans la zique genre « Ah ouais ! ». Et tout d’un coup ils se disent « Ils parlent de quoi là ? ». Bah ils parlent d’un trou du cul pendant 3h. C’est ça qui me fait marrer, c’est le décalage avec la zik puissante. C’est pour ça qu’on met aussi un point d’honneur sur la musique. Là-dessus, on est sérieux. On chiade le son, le placement. Mais la finalité, c’est quand même pour dire de la merde. Des mois de studio pour faire un album et juste dire A.N.U.S. .
IF : Les temps d’écriture, c’est à peu près combien de temps ?
Matt : En fait, c’est hyper long.
Fetus : Ça dépend des morceaux. Il y a des morceaux qui sont plus immédiats.
Matt : A.N.U.S. , ça a été vite.
Manard : Ça a été posé en studio et enregistré dans la foulée.
Matt : T’as fait toutes les paroles.
Manard : La musique, ça a été un peu tous ensemble.
Fetus : C’est plein de détails.
Matt : Toi, t’as fait quelques trucs, quand même, en termes de paroles.
Fetus : Ouais, t’as fait le pont.
Matt : Ouais, toi t’as fait toutes les paroles. Une nuit blanche. Mais sinon, musicalement, ça a été fait en deux répétes.
Fetus : Globalement, je dirais que c’est long. Parce qu’on est hyper méticuleux. Ce qui pourrait ne pas paraître quand on nous voit, on va dire « Ah, les mecs, c’est de la déconne, ils font ça en trois secondes. ». Mais je pense que si on faisait ça en trois secondes, ça ne marcherait pas.
IF : Est ce qu’il y en a un d’entre vous qui va être le plus strict (parano) au niveau de la qualité de la musique ?
Matt : On a tous nos petits détails qui vont nous choquer. Par exemple, quand on est en studio d’enregistrement, certaines harmoniques vont sonner plus à certains et inversement. Fetus et Flockos qui n’est pas là, composent plus que Manard et moi.
Fetus : Il y a du bon perfectionniste, mais par moment ça va un peu trop loin. C’est arrivé plein de fois, de devenir fou sur un morceau. T’es là, t’envoies V6.2, puis tu reviens à la première version. C’est celle qui a fait mouche. T’as envie de chercher, t’as envie de creuser le truc. C’est un peu maladif, des fois.
Manard : Chacun va être attaché à son instrument. Sur la prod, je vais être hyper chiant sur la batterie, forcément. Et puis, tout le monde va être chiant sur son instrument.
Fetus : Ouais, c’est normal.
Manard : Sur la globalité, ça va être plutôt Duquesne qui va regarder les morceaux dans son ensemble.
Matt : Duquesne, c’est celui qui nous a enregistré l’album.
Fetus : Duquesne, qui est un gros patron, à qui on doit beaucoup.
Manard : Il va avoir la vision d’ensemble que nous, on n’a pas forcément, parce que nous, on va toujours prêcher pour notre paroisse. C’est-à-dire, moi, s’il y a un coup de ride que je n’entends pas, ça va me casser les couilles, alors que tout le reste est hyper bien. Duquesne, il va trancher. C’est comme quand Jojo, il a son arrangement qu’il aime bien, typiquement Train Fantôme. Duquesne lui explique direct « Non mais là c’est le bordel, on comprend rien. »
Matt : Il faut alléger !
Manard : Et ça fait mal au cœur de Jojo Framboise, d’enlever son petit truc de gratte. Sauf que sans, ça respire plus. On a besoin d’avoir quelqu’un extérieur, sinon on s’enferme dans nos trucs. Même à la batterie des fois ça arrive.
Matt : C’est pareil tu veux rajouter des harmo des fois et ça marche pas.
IF : Vous travaillez depuis combien de temps avec Fred Duquesne ?
Fetus : Depuis 2017.
Matt : Deux albums. Guitariste de Mass Hysteria.
Fetus : Deux albums qui ont plutôt bien fonctionné et qui sonnent plutôt bien.
Manard : C’est un patron le mec. C’est le producteur et guitariste de Mass Hysteria aussi.
Matt : Il a de la bouteille.
Fetus : Il est trop fort.
IF : Est-ce qu’il est déjà arrivé que le public interprète super mal votre musique ?
Manard : On a un exemple qui nous vient.
Matt : Moi, j’en ai un autre.
Fetus : C’est quoi ?
Manard : On a un exemple que les gens n’ont pas compris et pour lequel ils nous en ont voulu.
Matt : Moi j’ai un bel exemple.
Fetus : Ah tu veux dire quand on a joué pour Macron ?
Manard : Sous ses ordres.
Fetus : Ça c’est un bon exemple. Sinon plus ancien, quand on avait fait Judas Prost. Notre premier morceau, notre premier clip. Un mec était venu nous expliquer qu’on n’a pas le droit de se moquer comme ça du heavy metal, c’est dégueulasse.
Manard : Surtout au début de notre carrière, quand “Objectif : Thunes” est sorti. On était encore un peu underground. Il y avait encore des gros puristes qui venaient au concert. Je me souviens d’avoir eu des débats avec des mecs qui écoutaient du black metal et me disaient « Ça par contre, on ne rigole pas avec le black metal, ça c’est interdit ». Et je disais « Tu vois bien que si ».
IF : C’était peut-être les puristes qui étaient les plus critiques ?
Manard : C’est une autre époque aussi, le métal était un peu moins médiatisé que maintenant. C’est vrai qu’on sent vraiment la bascule, il y a beaucoup moins de puristes. Ça a des avantages et des inconvénients. Moi je suis un puriste, par exemple. J’ai pas l’air…
Fetus : Bah si t’as l’air !
Manard : Ouais, quand même ! Ouais, mais je joue dans Ultra Vomit, donc finalement…
Fetus : En fait, les gens qui nous ont vraiment écoutés savent qu’on est forcément pointu sur la musique. Quand tu fais des albums comme “M. Patate”. C’est pas juste de la surface : on fait trois riffs et c’est ça le métal. Bah non ! C’est méga pointu. Moi, j’ai écouté des trucs tellement obscurs, les gars, c’est pas possible. C’est juste que j’écoute plus ça, en fait. J’ai vraiment écouté du métal extrême à fond. Même plus extrême que toi.
Manard : Ouais, c’est sûr ! On a choqué des puristes à nos débuts. Maintenant, c’est accepté et ces gens-là ne nous écoutent plus. Il n’y a pas de problème avec ça. En tant qu’auditeur, il y a des trucs que je n’écoute pas, que je n’aime pas, et pourtant tout le monde adore.
Fetus : En fait globalement, je pense qu’on se sent quand même métalleux dans l’esprit, mais par contre on prend ça avec du second degré. C’est pas très grave, on peut se marrer, en fait c’est un peu ça le message global je pense.
IF : Voir un esprit punk ?
(référence au début du mouvement punk, où il était surtout question de s’exprimer librement, sans opinion, sans message particulier juste de la musique)
Fetus : Moi je dirais ça, punk, ouais, exactement. Mais punk ça fait partie aussi de notre ADN. Je ne parle même pas de Jojo qui n’est pas là. Jojo c’est le punk du groupe, on va dire ça comme ça. Même s’il adore le métal comme Metallica. D’ailleurs c’est pareil, Metallica et le punk rock, c’est jamais très loin.
Manard : Le thrash, ça vient d’un mélange de punk et de hit metal. Donc t’es jamais loin, tout ça se retrouve dans le même esprit.
IF : Et ça vous donne accès quelque part aussi à ce genre de festival éclectique (Foreztival) ?
Un peu tous en même temps : Là, on a fait que ça. On ne fait quasiment que des festivals éclectiques.
Manard : C’est ce que je préfère faire, c’est ça. Déjà, je n’ai pas de concurrence à la double grosse caisse. C’est sûr qu’aujourd’hui [ live du 2 août 2025 ] , c’est moi qui vais aller le plus vite à la double. Et ça, ça me plaît. Au Hellfest, c’est sûr, c’est moi qui vais le moins vite. Et tu vois, c’est difficile à vivre.
Fetus : Il y a un truc qui est cool, c’est que même quand on joue au Hellfest, Motocultor, etc. On reste souvent les ovnis de la prog. On est Le moment où on va se marrer, où les mecs vont parler en français, faire des vannes et te sortent des Ricard Peinard. Et quand on joue dans un festival comme ça, évidemment on a envie d’appuyer encore plus sur le gros métal. Je pense qu’il y a quand même une volonté de toujours sortir du lot. De ne pas voir 50 fois la même chose dans la journée.
IF : Il n’y a pas beaucoup de groupes dans votre style ?
Fetus : Non, pas tant que ça.
IF : Hier soir il y en avait un : Poésie Zéro. Anarchiste et porté davantage sur des messages politiques comme l’anticapitalisme.
Fetus : Pour moi, rien à voir à ce niveau-là. Mais par contre, dans le côté complètement décalé, là, il y a évidemment un lien direct. C’est hyper bien fait. Je suis d’accord, eux ils passent dans une prog, c’est des ovnis tout de suite. Rien que leur nom, paf !
IF : Pour rester ambiance ovni décalé, le Hellfest 2026 en robe de chambre ?
Fetus : Tu rigoles, mais je commence à me demander la chemise de nuit. J’aimerais bien quand même.
Matt : Hier, il a fait des balances en chemise de nuit. C’était très marrant.
Fetus : Ça va dépendre de l’heure de passage.
Matt : À une heure du mat, justement. Nous, on est prêts à aller se coucher.
Manard : On sait pas trop ce qu’on va faire l’année prochaine ! On savait ce qu’on allait faire cette année !
Fetus : Ce sera encore mieux.
IF : Et l’Eurovision, on en reparle ?
Fetus : Tous les ans on nous demande. Je crois qu’on ne fera jamais ce truc.
Matt : Je n’étais pas dans le groupe, mais il y a eu des propositions pour « Incroyable Talent » .
Fetus : Ouais. Plusieurs fois.
Manard : Mais en fait, on ne se sentait pas à l’aise avec ce truc-là.
IF : Il y aurait moyen de gagner !
Matt : Je ne suis pas sûr. Non, c’est juste pour varier un peu le sujet dans l’émission.
Fetus : Je ne sais pas trop ce qu’on pourrait faire.
Manard : Vous vous souvenez de Black Rain, le groupe de metal glam ? Ils ont fait « Incroyable Talent » . Je ne sais pas si ça leur a apporté beaucoup.
Fetus : Je pense quand même que oui.
Manard : L’année d’après, pendant deux ans, ils ont essayé de nous avoir. Ils voulaient un groupe de métal. En fait, ce n’était même pas forcément nous qu’ils voulaient. Ils voulaient un groupe de métal pour justement choquer.
Matt : Et nous, on n’a pas spécialement l’envie de faire de la promotion comme ça.
Manard : C’était une torture. Ils insistaient.
Fetus : C’est un peu le paradoxe, pour finir avec ce cas, quand tu reparlais de l’Elysée. Il y a beaucoup de gens qui l’ont vu en mode : ils font de la comm, ils font de la promo. Nous on savait qu’il y avait un risque de shitstorm. On y est allé pour en faire un évènement complètement décalé et pas pour de la promo ou toucher de la thune à tout prix, se montrer. Et là, les gens ont pensé tout l’inverse. En fait, non, ce n’était pas ça. C’est que la proposition était complètement lunaire.
IF : Qui est venu vers vous pour ce live à l’Elysée ?
Fetus : C’est pas l’Elysée. On est venus à la Michael Youn. Pour faire un canular de fin de projet, tu vois. C’était pas prévu. Il n’y avait aucune raison de vouloir qu’il y ait du métal dans son jardin.
Matt : C’est McFly et Carlito qui nous ont invités.
Fetus : L’idée c’était de l’obliger à s’installer sur une chaise et d’écouter ça. C’est ce qui était fou. Mais ce n’a pas été perçu de la même manière pour la plupart des gens.
IF : McFly et Carlito vous ont expliqué leur démarche. Pourquoi ont-ils voulu vous inviter ?
Matt : Parce qu’ils aiment bien le groupe.
Fetus : Ils avaient plein d’idées de mini-sketch : « À l’Elysée, qu’est-ce qui pourrait être marrant ? ». L’idée qu’ils avaient, et qui a été remplacée par le métal, c’était de faire livrer une pizza en hélico au-dessus de l’Elysée. Mais voilà, on met pas d’hélico au-dessus de l’Elysée. C’est à ce moment-là, deux jours avant, qu’ils m’appellent pour me proposer l’idée. C’était tellement fou, on a pas eu le temps de trop réfléchir et on l’a fait. Un peu dans la panique finalement.
Matt : Et, finalement si on avait eu plus de temps comme tu disais…
Fetus : On l’aurait jamais fait. C’est sûr !
Matt : Il y aurait eu trop de gens qui nous auraient dit de ne pas le faire.
Fetus : Je ne sais pas. C’est comme quand on analyse un match de foot : « C’était sûr qu’il fallait pas se mettre en 4-3-1 mais en 4-3-3. » Mais avant le match, t’es là, « C’est bon il y a une chance ça va le faire. » Eh ben là c’est pareil. Avant le match, il y a une chance pour qu’il n’y ait pas de shitstorm. Et y a eu un shitstorm.
Manard : Moi je dis qu’il fallait revenir aux libéro.
Fetus : Mais bien sûr le 5 devant la défense. C’était mon poste moi j’ai commencé comme ça.
Manard : On avait dit qu’on en parlerait plus de Macron
Fetus : J’avoue que là…
Matt : C’est bon ça fait 4 ans.
Fetus : En fait, c’est la flemme d’expliquer. Nous on a vécu ça comme une telle frustration. De justement, ne pas pouvoir bien expliquer. Finalement, chaque personne à qui on expliquait, comprenait.
Manard : Il y en a quand même qui restent sur leur position.
Fetus : Oui bien sûr mais c’est les plus extrêmes. La plupart des gens quand tu leur expliques, « Ils disent ah bon mais je croyais que c’était l’Elysée… » Ce n’est pas l’Elysée qui nous a invités. On vient pas faire du violoncelle pendant qu’il mange. On vient lui foutre du gros métal dans la gueule. Et lui, il a rien demandé.
On a pris ça de plein fouet. C’est ce qu’on appelle un shitstorm. Mais bon, c’est formateur aussi.
Matt : Ouais, puis, toi, t’avais fait un commentaire pour dédramatiser le truc.
Fetus : Ouais, ça ne sert à rien.
Matt : Si, je pense, parce que ça ralliait un p’tit peu les gens. Si les gens ne captent pas le délire, ça permet de faire le tri aussi.
Fetus : Au pire, tu pourrais leur dire, regardez, c’est pas le lieu de parler politique. Donc ça veut dire que l’entité Ultra Vomit se fout de la politique. Et c’est toujours pas le sujet. À partir du moment où on te dit : « Nous on pensait que vous étiez de gauche… » . En fait, vous avez prêté une interprétation sur ce que l’on voulait dire. Un groupe de gauche, on n’a rien dit. Ça fait 20 ans qu’on dit rien.
IF : Vous avez le sentiment que c’est plus difficile de devenir des artistes aujourd’hui par rapport au début de votre carrière et toute cette communication qui s’engendre ?
Matt : Parce qu’on prête toujours des interprétations. C’est l’imaginaire collectif.
Fetus : On a eu un shitstorm au Hellfest 2019. Parce que notre image de backdrop sur le morceau Takoyaki représentait un dessin japonais stylé, iconique. C’était le gros rond, le soleil avec les traits rouges qui se barrent. Sauf qu’en fait il se trouve que c’est le drapeau impérial. Sauf que nous on avait mis un gros personnage kawaii au milieu. On parle du takoyaki…
Manard : C’est lui qui a choisi le drapeau !
Fetus : Là où je trouve que ça va trop loin, c’est que tu as le truc stylé, que tu as déjà vu mille fois dans ton inconscient, avec un gros poulpe au milieu, et là on vient t’attraper…
Il y avait un poulpe ou pas ?
Matt : Il y a des passages où il y avait juste le drapeau.
Fetus : Et là ils sont venus nous dire… Je ne sais pas qui… Il y a un petit collectif d’anciens vétérans américains de la guerre.
Manard : Non, c’était des coréens et des cambodgiens.
Matt : Et c’est direct boycotté ce groupe.
Manard : Oui, bien sûr, à la base c’est violent. Puis ils t’expliquent. Et je leur explique que nous sommes des français ignorants. On va refaire un montage, on va enlever le drapeau.
Matt : Boycotter le groupe maintenant…
Manard : On marche sur des œufs.
IF : Il y a des artistes qui sont accompagnés par des agents d’image. Est-ce qu’un jour c’est un choix sur lequel vous vous porterez ?
Matt : Nan, on fait gaffe, on fait gaffe.
Fetus : Je pense qu’on fait suffisamment gaffe quand même.
Manard : On a eu un paroxysme de ce truc-là, puis ça va peut-être redescendre. Il y a une saturation sur toutes les histoires de « Ah machin, il a cueilli un brin d’herbe, c’est un meurtre ». Il y a des sujets qui tournent et s’arrêtent très vite. D’où mon exemple d’un sujet qui serait ridicule et qui serait monté en épingle.
Matt : Ça fait un moment quand même que c’est…
Manard : Non, non, moi j’ai l’impression que ça redescend un peu. Je sais pas. Juste laissez-les tranquilles.
Fetus : Mais par contre, il y a peut-être un moment où, quand tu te prends des shitstorms, ça t’immunise un peu. En fait, on a tellement morflé avec ça que maintenant, si ça se passe à nouveau, on va le prendre avec plus de légèreté aussi.
Matt : J’ai toujours l’impression de marcher sur des œufs en permanence, c’est chiant.
Manard : Disons que si ça arrive à nouveau, sur un truc moins important ou autre, on fera ok ok. Mais on sera pas en train de se dire merde merde c’est la fin du groupe. On n’en est pas mort jusqu’à présent. Et pour en avoir parlé avec Didier Super, lui c’est pareil.
Matt : Didier Super, c’est différent, il est vraiment dans la provoc.
Fetus : Il dit que c’est vraiment l’influence des réseaux sociaux, que ça n’existe pas réellement. Lui il a eu des menaces de mort quand même, donc on est sur un autre level. Et ça ne s’est jamais concrétisé visiblement, il n’y a jamais eu de problème dans la réalité.
L’entretien s’achève pour laisser place à la suite de leur journée d’interviews. On serait bien restés quelques minutes de plus à se marrer avec eux, à extérioriser ces craintes qui planent après vingt ans de metal et de déconne. Notre seul regret : avoir oublié de faire un ultra selfie.
On les retrouvera le soir même, le 2 août 2025, sur la scène Plaine du Foreztival à Trelins. Et pour prolonger l’expérience, notre retour du festival est à lire juste ici.
Merci encore au groupe pour cette rencontre.
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