Une explosion de couleurs pour Art Rock 2016 !

L’année dernière la mode était mise à l’honneur à Saint-Brieuc, cette année ce sont les bombes de couleurs du “street art” et une musique transculturelle qui se donnent à l’unisson. Avec pour thème “United Paintings”, la cité briochine a revêtit ses plus belles couleurs le temps d’un week-end.
Visuel du festival Art Rock 2016

Art Rock ce sont bien évidemment de grands concerts sur la place Poulain Corbion mais c’est aussi des expositions artistiques, de la danse, de la gastronomie, de l’art numérique et visuel… Un festival protéiforme et sensible à toutes les branches artistiques.
C’est ainsi que le centre-ville de Saint-Brieuc fut investit avec plus de 80 spectacles, expositions et concerts.

Cette année, c’est au centre commercial “Les Champs” que siège l’espace presse. Les galeries du commerce sont également utilisées pour exposer les œuvres de Claudia Walde alias MadC : l’artiste graphiste allemande, créatrice de l’affiche du festival. C’est d’ailleurs une première puisque les expositions seront ouvertes pour la première fois, pendant 3 semaines consécutives.

Ainsi, après avoir récupéré le badge, je me dirige vers la place Poulain Corbion pour être aux premières loges dès l’ouverture du festival.

Vendredi 13 Mai 20216

18h30. Avec sa robe noire à col claudine, Jain n’est pas si sage…
Ce week-end de pentecôte débute fort avec la douce voix de Jain. Sur la grande scène, accompagnée seulement de son looper et d’un launchpad, la coqueluche de Yodelice dépense une énergie folle ! Si l’on ferme les yeux le temps d’une chanson, l’on pourrait croire que la chanteuse est portée par mille chœurs. Son identité visuelle bien marquée et son grain de voix aux sonorités enfantines auront séduit un public déjà bien nombreux à cette heure anticipée.
Jain nous fait preuve d’une interactivité et d’une générosité remarquables envers son public. Certains festivaliers placés au premier rangs auront même le privilège de participer à une chanson en entendant leur voix enregistrée par la Toulousaine. Faisant sauter le public qui se masse de plus en plus devant la scène, elle ne le lâchera plus pour danser une heure durant. C’est après un hommage rendu aux tristes événements du 13 novembre dernier, que Jain termine son concert sur des notes positives et pleines d’espoirs aux influences afro-beat et reggae.

Il est 19h20 quand je décide de partir à la découverte de la scène B qui vient tout juste de commencer. Ce soir, c’est un groupe local qui ouvre le bal de la petite scène dédiée aux découvertes et aux étoiles montantes de l’électro et du hip-hop.
Le duo briochin Colorado, composé de deux jeunes lycéens est déjà très prometteur. Unstyle et une allure des années 90 couronnent leur musique électro qui mélange différentes influences allant de Juvenille à Metronomy. Un spleen et un son envoutant qui nous fera planer le temps de quelques chansons.

Balthazar, ils ne sont pas là pour mettre le bazar
La scène prestigieuse du rock alternatif belge s’invite à Saint-Brieuc en ce début de soirée ! Il est encore assez tôt lorsque le quintet Balthazar fait son apparition sur la grande scène. Perché sur un plateau doré, le batteur lance le rythme pour introduire le groupe. On découvre ensuite que le classique “guitare, basse, batterie” est agrémenté par un violon et un clavier ajoutant une touche d’originalité et de mélancolie à leurs chansons. Les chœurs masculins et féminins sont captivants tout autant que la classe et l’élégance qui émanent des artistes. Toutefois, même avec un public pourtant présent et réceptif, le groupe n’a pas su pérenniser l’énergie et l’ambiance instaurées par Jain. Etant quelque peu mous, la foule reste devant sans trop bouger. C’est avec quelques onces de déceptions que la prestation se termine.

Les semelles décollent avec The Shoes
C’est en plein ravitaillement – près de la scène B – que j’aperçois sur l’écran de télévision l’entrée du duo rémois sur scène. J’arrive en plein boom du titre Drifted connu notamment pour son clip-montage réunissant toutes les pépites d’internet. Le public se déchaîne, il n’y a pas de doute The Shoes est bien là pour nous faire danser. Leur style hétéroclite passant de l’électro à l’Indie Rock conquis tout le monde. Les gifs, memes et vidéos en toile de fond ajoutent une dimension décalée et déjantée qui leur sont propre. La prestation se termine en beauté sur un mix du cultissime Bitch Better Have My Money de Rihanna. On peut dire que ça balance du pied sur le bitume de Saint-Brieuc !

Louise Attaque, un voyage au fil du temps
La nuit est tombée sur la cité briochine et le festival semble complet. Ce sont toutes les générations qui sont réunies ce soir, que ce soit les fans de la première heure ou les plus jeunes, ils attendent de pied ferme le retour de Louise Attaque ! Devenu un groupe transgénérationnel et mythique de la scène française, le trio n’a pas pris une ride.
Gaëtan Roussel débute en déclarant : “On va vous jouer des chansons d’aujourd’hui, des chansons d’hier et d’avant qu’hier”, et ça commence fort avec Ton Invitation. Les tubes d’hier et les chansons du présent s’entremêlent afin d’en réjouir le plus grand nombre. Malgré la chute du bassiste qui remontera sur scène quelque minutes plus tard, le groupe de Louise semble être plus que jamais d’attaque !

On change d’ambiance avec l’arrivée d’un autre trio, mais cette fois-ci maître dans l’art du scratch et du beat hip-hop bien lourd. Birdy Nam Nam, attire des foules de jeunes et moins jeunes qui se lâchent pour ces dernières heures de la soirée. Une belle scénographie se dessine devant leurs tables de mixage enrichies par des lumières d’ambiance qui changent aux rythmes des sons électroniques. Leurs vibes font vibrer les murs du centre-ville… Etant un peu fatiguée je quitte les enceintes du festival quelque temps avant la fin laissant au loin les plus courageux terminer la soirée. C’est ainsi que je me couche avec le doux son des Birdy en veilleuse musicale…

Samedi 14 Mai 2016

Après une bonne nuit passée chez des amis – car oui, qui dit festival en plein centre urbain, dit pas de camping – on décide de déambuler dans les rues piétonnes pour
découvrir les expositions du thème “street art”.

Nous arrivons donc, devant le Musée de Saint-Brieuc pour visiter l’exposition de Shepard Fairey, “street artist” célèbre pour son portrait de Barack Obama (Hope).
L’exposition nommée Obey to Music, présente des sérigraphies vintages représentant les plus grands noms qui ont influencé l’histoire de la musique. Johnny Cash, Sid Vicious, Blondie ou encore Iggy Pop sont des personnalités engagées qui inspirent l’artiste. Très belle exposition et bon ressenti de notre côté !

Le temps de boire quelques verres et nous nous dirigeons vers l’entrée du festival pour l’ouverture des portes.

18h30. Odezenne un flow qui charge comme un bulldozer
C’est sous un soleil timide, qui se réveille que les ovnis du groupe Odezenne débarquent sur la grande scène. Ce trio bordelais nous offre un rap ponctué par des notes électroniques voire alternatives, le tout propulsé par de lourdes basses. A l’écoute des premières chansons la pilule à du mal à passer, mais c’est en se penchant sur le texte que l’on découvre tout le génie du groupe. Un chant à double sens, des allitérations, des métaphores…Tout est là pour critiquer une société qui va pas fort. La puissance de leurs mots nous aura redonnée de l’espoir.

Quand le corps rythme les accords
C’est un rayon qui s’ajoute au soleil de Saint-Brieuc lorsque Faada Freedy fait son entrée. Le chanteur – qui nous a révélé avoir eu un coup de foudre pour la Bretagne quelques heures plus tôt lors d’une conférence – enchante la place par sa voix irrésistiblement soul. Le public qui est beaucoup plus nombreux à présent, est ravi et
même époustouflé par la prestation. En effet, la particularité de Faada Freedy et de son collectif, est de n’utiliser aucun instrument. Tous les sons sont produits uniquement à l’aide de la voix et du corps. Le dandy africain aux cheveux long revisite par lui-même, aussi bien le gospel, que le swing ou encore le jazz. Un honneur à son mentor Bob Marley sera entonné, accompagné par les spectateurs sur le mythique “No Woman No Cry”. Sa générosité débordante et son amour pour le public, auront réchauffés le cœur des Briochins…

On décide ensuite de rejoindre la deuxième scène pour découvrir un trio électro-pop masculin qui nous vient tout droit de la cité phocéenne. Pour nous, Husbands c’est sans doute la découverte de la soirée. L’énergie et l’excentricité du chanteur sont captivantes ! Leur musique donne envie de se bouger et nous offre un hymne à l’amitié. Ces trois amis depuis toujours, ayant chacun leur groupe respectif (Kid Francescoli, Oh ! Tiger Mountain et Nasser) nous offre des morceaux électrisants.

La faim creuse nos ventres, on profite alors de la prestation de Carabean Dandee pour aller manger. On jettera tout de même un coup d’œil à leur prestation qui malheureusement n’aura pas fonctionné pour nous. Question de goût, dirons-nous !

Les années folles revisitées au goût du jour !
Laissons place maintenant à la tête d’affiche de la soirée. La grande scène se transforme en véritable cabaret ! Mais pas tant que ça, puisque la magie de Caravan Palace c’est bien sûr de réussir à mélanger subtilement le style rétro/jazz manouche avec des sonorités électroniques actuelles. Le public swingue sur les notes endiablées de la contrebasse, des saxophones et autres instruments. La chanteuse Zoé s’autorisera même quelques rocks avec le bassiste. Pionnier de l’électro-swing depuis maintenant 8 ans, il n’y a pas de doutes le groupe à encore de longues années devant lui !

C’est au tour du producteur parisien Rone de conclure cette seconde soirée. C’est dans une électro douce et rêveuse que le public se laissera emporter ce samedi soir. Tout est réuni pour vivre une expérience onirique savoureuse avec des jeux de lumières époustouflants. Les morceaux seront un peu trop doux à nos goûts pour terminer la soirée.

En repartant, on assiste également au Off du festival car bien évidemment – tous comme les Trans ont leurs Bar à Trans – Art Rock investit les bars de la commune avec le projet Art Bist’Rock. Une programmation qui se trouve d’ailleurs de plus en plus en complémentarité avec le festival.

Dimanche 15 Mai 2016

Le dernier jour du festival se trouve ensoleillé en ce dimanche ! On en profitera pour faire un tour sur la côte armoricaine.

On arrive avec un peu de retard pour l’animation attendu du week-end : la compagnie Artonik. La place commerciale des Champs est totalement envahie de couleurs. Ce spectacle offre une explosion de joie chromatique mêlant danse et défilé. On croisera toute la soirée des participants recouverts de poudre de couleurs de la tête aux pieds.

La gastronomie est aussi représentée au Art Rock ! Rock N Toque, permet d’allier la musique des artistes du métro avec des plats délicieusement préparés par les grands chefs de la région. JoeyStarr aura même mis la main à la pâte en présentant un plat imaginé par ses petits soins.

On n’oublie pas non plus les nombreuses manifestations qui ont eu lieu à la passerelle et au Forum.

Rover revisite les saveurs du Rock
Au loin, on entend déjà les premières notes de Rover sur la grande scène. Déjà présent au festival il y 4 ans, le jeune rockeur Timothée Regnier revient avec un nouvel album: “Let it glow”. C’est sur des notes mélancoliques et mélodieuses que je suis accueillie. La voix suave du chanteur nous transporte et l’on se laisse aller sur des chansons résolument rock qui nous rappellent les bonnes années du genre. On devine les influences des Beatles, de Bob Dylan, et même Bowie qui sera repris avec son titre “Hereos” à la sauce Rover. Du bon rock comme on aime.

Sur la scène B, ce sont deux jeunes tourtereaux qui poussent la chansonnette en français. Sur une musique pop-synthé le couple The Pirouettes, nous conte avec des paroles simples leur quotidien amoureux, démontrant ainsi une complicité envieuse. Le duo composé de Leo Bear Creek et de Victoria apporte un vent de fraîcheur à la nouvelle scène française. D’ailleurs, leur musique qui nous évoque facilement Etienne Daho ou encore France Gall avec une touche des années 80.

C’est maintenant Jeanne Added qui emboîte le pas de Rover sur la grande scène. Ayant rencontré et admiré la personnalité de la jeune chanteuse quelques heures auparavant en conférence de presse, je suis curieuse à l’idée de découvrir sa prestation. Et en effet je suis comblée par l’énergie et la rage de vivre que Jeanne nous transmet dès les premières notes. Entourée d’un clavier/chœur et de percussions, la chanteuse maitrise la scène tout comme sa voix et sa musique. Pourtant plus timide à ses débuts, elle semble prendre une assurance qui lui va à merveille ! On la recroisera sûrement au détour d’autres festivals un peu partout en France.

Retour sur la scène électro pour y découvrir Sage. Déjà connu du festival, il était venu sous un autre nom il y a quelques années, avec son groupe Revolver. Son nouveau projet nous délivre une pop exquise mêlée à l’électro. Cet album fut d’ailleurs co-produit par l’un des membres de The Shoes. C’est avec une humilité et une sagesse que nous le redécouvrons ce soir.

Une prose raffinée par les dandys parisiens
Le concert de Feu ! Chatterton a déjà commencé, je passe de l’autre côté pour les découvrir. Ce groupe que l’on prononce sur toutes les lèvres, a la prose raffinée et l’instru bien rock. Le quintet parisien aux allures dandy, maitrisant avec succès la langue de Molière aura surchauffé la foule !

Une fois le show terminé, je m’approche au-devant pour scruter de près le groupe à la notoriété internationale. Les Nord-Irlandais de Two Doors Cinema Club sont
certainement le groupe le plus attendu du week-end. On comprend pourquoi lorsqu’ils imposent leur Rock Indie et leurs tubes planétaires, nous assurant un show enflammé ! Le public sera survolté jusqu’à la fin de leur set.

L’union fait la force d’Hyphen Hyphen
Art Rock termine en beauté avec le quatuor Hyphen Hyphen (traduction de “trait d’union” en anglais). L’énergie féroce et viscérale de Santa la chanteuse, nous contamine et nous pousse à bouger avec eux. Les percussions résonnent dans nos corps et font onduler le public de la grande scène. Leur musique est envoutante et entêtante, avec un style assumé et inégalable…On ne demandais pas mieux pour clôturer cette 33ème édition!

Beaucoup de découvertes musicales et artistiques autour de cette édition mais aussi des retrouvailles… Le tout dans une ambiance de folie ! On remercie les 500 bénévoles et toute l’équipe d’Art Rock qui continue depuis 33 ans à promouvoir l’art et la culture auprès d’un public qui s’élargit d’année en année, pour un festival toujours plus urbain.

Partager

Laisser un commentaire

Suivez-nous

Articles récents

Modifier le contenu

Votre demande sera effective après vérification.
Genre de musique (4 maxi)
Votre festival possède-t-il un lieu de restauration ?
Votre festival possède-t-il un bar ?
Votre festival possède-t-il un parking ?
Votre festival possède-t-il un camping ?
Votre festival possède-t-il un accès PMR/PSH ?
Y a-t-il des commerces dans la ville du festival (épicerie, supermarché) ?
Y a-t-il un distributeur de billets dans la ville du festival ?
Visuel du festival (logo ou affiche)
Visuel du festival (Bannière)