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Tro'Fest 2026 : l'interview de l'ACJ'Prod

Table des matières

Temps de lecture : 4 min

Depuis 2021, le Tro’Fest anime le Domfrontais. Porté par l’ACJ’Prod, une bande d’amis réunis depuis le collège, le festival s’est construit sur une conviction simple : ce territoire manquait d’un événement musical accessible pour le grand public et les jeunes. Cinq éditions plus tard, le rendez-vous a trouvé son rythme et sa place dans le paysage des festivals normands.

Les 28 et 29 août 2026, deux soirées aux ambiances distinctes attendent les festivalier·ères, avec Nor’mad (ex-Mes Souliers Sont Rouges) en tête d’affiche le vendredi et Tragédie le samedi. Une programmation pensée pour couvrir tous les styles et toutes les générations, portée par un engagement fort pour la parité sur scène et une écoresponsabilité concrète, du mobilier fait maison à la mise en avant des produits normands.

Nous avons interrogé l’équipe organisatrice sur la genèse du festival, ses valeurs et ses ambitions pour la suite. Voici ce qu’elle nous a confié.

ACJ’Prod est née en 2021 d’une passion commune pour la musique. Comment est venue l’idée de créer un festival à Domfront, et qu’est-ce qui vous a convaincus que le territoire en avait besoin ?

Il était clair qu’il manquait à Domfront un événement musical d’envergure à destination du grand public et notamment des jeunes. Nous étions au cœur de la problématique : âgés de 19/20ans, nous aurions aimé profiter d’événements comme ceux organisés par notre association.

Le Tro’Fest se définit comme un projet « avant tout familial ». Qu’est-ce que ça veut dire concrètement dans votre façon d’organiser l’événement ?

L’équipe organisatrice est une bande de copains. Amis depuis le collège, nous nous connaissons par cœur, chacun connait les familles des autres, et tout le monde s’entraide. Depuis les débuts, les bénévoles sont nos amis, des amis des amis, nos familles… Cela participe à l’ambiance familiale et c’est cette proximité qui fait notre plus grosse force.

Vous avez animé la Fête de la musique cette année à Domfront. Qu’est-ce que ce type d’événement apporte au-delà du Tro’Fest, et comment s’inscrit-il dans votre mission sur le territoire ?

Il s’agit pour nous d’être présent tout au long de l’année : les personnes ne sortent pas qu’un week-end par an, il y a d’autres événements à faire vivre. Cela s’inscrit dans notre volonté d’animer le territoire au travers d’événements musicaux accessibles. D’autres part, c’est un moyen de financer en petite partie le festival. Chaque effort financier est bon à prendre au regard du contexte difficile dans lequel évoluent les festivals.

Fête de la musique :l'interview de l'ACJ'Prod
@beecrine

Les 28 et 29 août, deux soirées aux univers bien distincts. Comment avez-vous construit cette programmation, et qu’est-ce qui vous a guidés dans vos choix cette année ?

Comme les autres années, nous construisons notre programmation sur la variété des styles. La mise en place des deux scènes permet cette variation. Nous souhaitons que les principaux styles soient représentés, et c’est avant tout cela qui guide nos choix. Nous avons d’autre part souhaité intégrer 2 têtes d’affiche cette année, une par soir. Ainsi, Nor’mad (ex mes souliers sont rouges) joueront le vendredi et Tragédie le samedi.

La quasi-intégralité de vos artistes sont normands, et vous programmez chaque année au minimum un artiste ultra-local, repéré dans un rayon de 15 km. Comment se passe cette recherche de talents de proximité ?

En réalité, les talents viennent à nous, d’une manière ou d’une autre. Soit par bouche à oreille, soit par connaissance, ou en se rendant sur des événements. Il ne faut pas négliger la part importante de la programmation qui est retenue sur candidature : nous recevons des mails très très régulièrement. Plusieurs par semaine. Cela facilite notre tâche quand nous sommes à court d’idées (ce qui n’arrive presque jamais !)

Vous vous engagez pour la parité sur scène depuis vos débuts, avec 50% des concerts portés par une figure féminine ou non genrée depuis 2023. Comment cet engagement se traduit-il dans vos choix de programmation au quotidien ?

C’est pour nous une évidence. Nous faisons simplement en sorte de respecter ce quota, en ajustant les demandes. Les demandes seront en particulier ciblées sur des artistes féminines. Les événements comme le notre savent qu’il est moins aisé de trouver des artistes féminines, peut-être car elles sont sous-représentées sur scène. En réalité, ça n’est pas plus compliqué, ça nécessite juste un petit travail de recherche et une volonté des organisations.

L’écoresponsabilité est au cœur de votre projet : upcycling, circuits courts, mutualisation avec d’autres festivals… Quels sont les gestes dont vous êtes les plus fiers, et ceux qui restent encore des défis ?

Tout le mobilier du festival est fait maison, des bars, bancs, poubelles, jusqu’aux toilettes. Nous en sommes extrêmement fiers. Notre plus grand défi est la mobilité des festivaliers. C’est un travail énorme. Nous sommes dans un territoire extrêmement mal desservi en transport en commun. Ça n’est pour le moment pas une option. Nous pouvons miser sur le covoiturage, nous sommes sur la plateforme Iko notamment.

Le festival se veut inclusif et intergénérationnel. Comment vous assurez-vous concrètement que chacun (enfants, seniors, personnes en situation de handicap) trouve sa place sur le site ?

Le principal facteur clé est la programmation : elle est complète pour correspondre à toutes les générations et elle est progressive dans le style. C’est à dire qu’elle débute sur des créneaux pop, acoustique, pour terminer par des DJ set. Sur le site, plusieurs zones permettent à chacun de se sentir à sa place : coin tranquille, stand maquillage, restauration, les 2 bars…

La valorisation du patrimoine normand est l’un de vos axes forts. Qu’est-ce que les festivalier·ères vont retrouver cette année qui sent bon la Normandie ?

Très clairement notre bar spécial ! Poiré, cidre, jus de pomme, cocktail à base de pommes… On peut également citer la restauration, qui promeut des produits locaux (camembert, fromage le Carrouges, fromage de la ferme des gorges de Villiers…)

Organiser un festival dans un territoire rural comme le Domfrontais, c’est aussi se heurter à des contraintes spécifiques. Qu’est-ce que cela change dans votre façon de travailler ?

La principale contrainte est la logistique. Nous sommes parfois confrontés à des problèmatiques du fait du manque de personnel, de bénévoles lors des semaines de montage (les gens travaillent bien évidemment), les jeunes locaux sont dispersés dans les plus grandes villes… Cela nous amène à nous montrer bien plus productif et débrouillard. Nous nous débrouillons avec parfois pas grand chose ! Et nous sommes toujours aidé d’une manière ou d’une autre par une connaissance. Tout seul, on ne ferait rien !

Où en est le Tro’Fest dans son évolution ? Quelles sont vos ambitions pour les prochaines éditions ?

On sent que nous avons trouvé notre vitesse de croisière. Le public nous reconnaît de plus en plus et on peut anticiper le nombre de festivaliers. On sait maintenant sur quoi miser, et on sait qu’on ne pourra pas augmenter notre jauge tant que nous ne ferons pas venir plus de têtes d’affiche. En réalité, on se sent très bien comme cela et personne n’a réellement envie de prendre des risques financiers. Maintenant, la question du manque de temps pour les organisateurs va se poser. Nous avons évolué dans nos vies personnelles depuis les débuts. 5 années se sont écoulées et nous avons tous fini nos études, nous aspirons à d’autres choses dans la vie. L’avenir du Tro’fest s’écrira peut être avec d’autres forces.

Si vous deviez convaincre quelqu’un qui n’est jamais venu au Tro’Fest de franchir le pas cette année, que lui diriez-vous ?

En 3 points, le Tro’fest est le festival idéal pour :

– L’accueil. Il règne une ambiance où l’on se sent de profiter de la soirée. La bonne ambiance qui règne dans l’organisation se décline sur le site !

– Le prix. Pour 32€, vous avez accès à un site aménagé pour l’occasion, et de 16 concerts sur 2 soirs. Les consommations sont à prix très accessibles : 6€ la pinte, une dizaine d’euros la formule burger frites. À ne pas négliger !

– La programmation. Elle est pensé pour toucher tous les publics. On commence gentiment pour terminer sur une vraie ambiance club avec les DJ set ! En plus, vous allez forcément faire une découverte musicale d’un gros talent de la région !

Festival Tro’fest – 28 au 29 Août 2026 – Domfront en Poiraie (61)
Billetterie et informations : page Info Festival

Vous cherchez d’autres événements ? Consultez notre agenda des festivals.

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